Babel
Voila l’un de mes coups de cœur de l’année qui, j’en suis sûr, se disputera l’oscar du meilleur film avec « Les Infiltrés » de M. Scorsese, « La Mémoire de nos Pères » de C. Eastwood, et « Little Miss Sunshine » de J. Dayton et V. Faris (j’ai les corrones de me mouiller car les nominations n’ont pas été encore publiées !).Comme à son habitude, Alejandro Gonzàles Inàrritu nous peint un drame humain en nous faisant suivre les histoires de plusieurs personnages qui vont, tout au long du film, finir par se recouper. Après « Amours chiennes » et « 21 Grammes » (il a aussi participé au film collectif « 11’09’’01 September 11 ») qui ne laissent pas indifférents quand on sort de la salle, ce surdoué du cinéma mexicain récidive avec « Babel ». Une de ses caractéristiques principales est qu’il arrive à faire sortir, à l’instar de Scorsese, une grosse partie du potentiel qu’a un acteur. Il n’en devient que plus crédible aux yeux du spectateur.
Ici la distribution laisse rêveur : Gael Garcia Bernal (La mauvaise éducation, Amours chiennes, Carnets de Voyages…), Brad Pitt (Thelma et Louise, Seven, Sept ans au Tibet…) et Cate Blanchett (Le Seigneur des Anneaux, Aviator…). Ainsi, certain m’ont dit avoir été déçu car attendant beaucoup plus de ce film. La bande annonce laissait en effet rêveur devant sa qualité et cette distribution… Ils s’attendaient donc à voir le film ‘ultime’, le meilleur de toute l’histoire du cinéma. Mais à force d’avoir ce comportement, on finit par ne pas aimer les grandes œuvres du cinéma et apprécier les doux navets dont on attendait que ça pique !...
Trêve de commentaires, parlons plutôt de ce magnifique film. On suit ici en parallèle 3 histoires se déroulant respectivement à la frontière américano-mexicaine, dans le désert marocain, et à Tokyo. Dans la 1ère, une nourrice mexicaine travaillant clandestinement aux USA doit revenir au Mexique pour participer au mariage de son fils. Cependant, elle doit garder les enfants sous sa responsabilité mais n’arrive pas à les « refourguer » car les parents ne rentrent pas de voyage le jour prévu. Elle décide donc de les emmener illégalement au mariage sans l’autorisation des parents…
Au Maroc, 2 gamins fils de berger s’amusent avec le fusil que leur a passé leur père pour éloigner les chacals. Visant un bus de passage, ils blessent gravement une touriste américaine. S’en suivent alors 2 péripéties : les enfants et leur famille faces à la police et le mari de l’américaine blessée (respectivement Brad Pitt et Cate Blanchett) qui fait tout pour la sauver.
Enfin au Japon, on suit une adolescente sourde-muette qui doit affronter le regard de l’autre dans cette société impitoyable.
Même si on peut être déçu par le lien entre l’histoire japonaise et les autres, les situations décrites par Inàrritu parlent d’elles mêmes et sont magistralement réalisées. Après avoir vu des policiers marocains se défoulant sur un suspect (pour les spectateurs ils apparaîtront comme des barbares incultes et violents), on se rend compte que le douanier américain est aussi ignoble en étant si agressif, ce qui provoque le futur drame que vont connaître les protagonistes (j’essaye d’en dire le moins possible !).
Toujours au Maroc, alors que la population locale fait son possible pour sauver Cate Blanchett, les touristes américain se trouvant dans le car apparaissent ignobles à nos yeux en ne pensant qu’à leur confort et préférant abandonner une personne blessée plutôt que de passer ne serait-ce que quelques heures de plus (ils invoquent comme raison la nuit qui arrive pour partir...) parmi ceux qu’ils considèrent comme des sauvages (ils ont du détourner leur route pour mettre à l’abris Cate Blanchett dans un village).
Bref ce film nous présente des scènes crédibles et criantes de réalisme (quand Cate Blanchett se fait recoudre le cou, une personne a fait un malaise dans la salle !). On peut noter de plus des plans magnifiques des déserts marocains et mexicains et de la métropole tokyoïte.
Ainsi, tous les éléments sont réunis pour accorder à ce film le label rouge de qualité si cher à arno et attendre impatiemment (mais pas trop !) la future œuvre de ce réalisateur.
Itoo



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