L'illusionniste
Le premier grand film de l'année ne se sera pas fait attendre bien longtemps puisque, moins d'un mois après la saint Sylvestre (aucun lien avec Rocky), sort "L'illusionniste", un film…magique.
Eisenheim, talentueux illusionniste fait tout les soirs salle comble et voit sa popularité monter en flèche au détriment de celle du prince héritier Léopold, rationnaliste convaincu. Leurs rapports se tendent encore un peu lorsque le prince apprend que sa fiancée, Sophie de Von Teschen est l'amour de jeunesse d'Eisenheim et qu'ils recommencent à se voir. S'engage alors un subtil bras de fer entre les deux hommes...
Je ne saurai comment l'expliquer mais il se dégage de ce film une atmosphère particulière, un rien féerique.
L'affrontement entre le rationnel (à outrance, représenté par le prince et "sa" police) et le fantastique (le grand illusionniste) se développe tout au long du film et la tension entre le prince et l'illusionniste va crescendo pour atteindre son point culminant lors d'un final tout magnifique de surprise.
Face au prince et à la puissance due à son rang, Eisenheim ne peut opposer que sa "force cérébrale" (intelligence et créativité artistique). C'est cette inégalité des chances donne au film tout son intérêt et conduit le spectateur à prendre fait et cause pour l'illusionniste et à se prendre au film.
L'histoire d'amour impossible entre la princesse et le saltimbanque, qui aurait put tirer le film vers des abysses de niaiserie et de moralisme à la con s'imbrique ici parfaitement dans l'histoire globale et justifie la plupart des actions des protagonistes.
En fin de compte, il s'agit d'ailleurs plus d'un film d'amour avec tout plein de la magie dedans que d'un film de magie saupoudrer de romance.
Les acteurs sont, pour la plupart, étonnants de justesse, et, c'est à souligner, ont réussi à feindre l'accent anglais avec réussite (pas mal pour des ricains).
Edward Norton est, comme d'habitude, impressionnant en grand manipulateur (d'images mais aussi de personnes).
Jessica Biel (que je prenais jusqu'alors pour une bonne conne (ou inversement)) se révèle dans son premier vrai rôle de composition (d'accord, les lois de l'attraction déchire, mais elle n'y joue qu'une pute). Elle risque donc de faire taire tous ces détracteurs (dont moi).
Rufus Sewell (que je ne connaissais pas) joue, pour sa part, très bien les enculés.
Les différents tours d'Eisenheim sont impressionnants et rehausse l'image des prestidigitateurs (après Sylvain Mirouf, c'était pas gagner).
Tout en restant persuadé que ce sont de vils escrocs, ils m'apparaissent maintenant beaucoup plus sympathiques.
C'est peut être ça, finalement, la magie du cinéma.
Vous pouvez toujours chercher, y'a pas de "truc"…
Pour conclure, je vous encourage tous à voir ce film (sorti le 17 Janvier) qui remporte haut la main le tubât (ils fillent tous des palmes, autant changer) du film du mois.
En passant, Eisenheim, si t'as deux secondes pour me faire disparaître Taxi 4 du planning de février …
Ju




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