Le cauchemar de Darwin
Voici un film que je vous invite tous à voir. Ce documentaire sortit en 2004 résume à lui seul la détresse dans laquelle le continent africain est plongé. Un espèce de cercle vicieux duquel les pauvres ne sont pas près de sortir. Désolé de plomber l’ambiance mais il est parfois utile de rappeler certains faits. Non seulement ce sont nous, européens, qui sont en grosse partie responsables des différents problèmes sévissant sur place (trafic de drogue, d’armes, de matières 1ères ; on les a aussi bien pourris avec l’esclavage et la colonisation !) mais on est on ne peut plus hypocrite en continuant toutes ces merdes et faisant mine d’ignorer les catastrophes (par exemple lorsqu’un film de ce genre sort, la presse fait semblant de s’indigner pendant 4 jours et l’oublie vite). On peut alors se dire que c’est la forme qui ne va pas ; les gens préfèrent se divertir, il faut capter leur attention, etc…
Pourtant ce film de Sauper a de quoi retenir l’attention du spectateur : le scénario semble vraiment sortit d’une superproduction tellement la situation décrite est scandaleuse. Lisez plutôt :
Dans le Lac Victoria en Afrique de l’Est (berceau de l’humanité au passage…cynisme quand tu nous tient !) a été introduit au milieu du XXième siècle un poisson appelé « Perche du Nil », qui n’a aucune origine commune avec le fleuve mais bon… Cet animal a été introduit pour ses capacités de croissance et de reproduction rapides ; bref on voulait plus de poisson ce qui aurait ainsi signifié plus de nourriture, d’emploi, donc élévation du niveau de vie, donc paix etc…
Mais les auteurs de cette intrusion ont fait une grosse erreur dans leur équation. La perche se révèle être un putain de monstre (atteignant plusieurs mètres !) qui bouffe tout sur son passage si bien qu’aujourd’hui 90 % des espèces du lac ont disparues. Et les pulsions sexuelles de l’espèce n’étant pas aussi fortes que celles d’un ado boutonneux, le poisson n’est pas si abondant que cela. Enfin il y en a suffisamment pour faire du commerce…
Et justement parlons-en du commerce : il est tenu par une minorité ce qui fait que les dizaines de millier de personnes qui ont été attirées par ce potentiel filon au début se retrouvent au chômage et s’entassent dans les bidonvilles ou règnent violence, drogue, prostitution, etc…
On pourrait penser qu’avec le poisson ils ont quand même de quoi se nourrir : même pas ! Ou plutôt si : mais ça ne mérite pas le nom de nourriture. Tout est acheminé vers l’Europe ; on ne laisse sur place que les carcasses pourries, c'est-à-dire la poubelle quoi.
Les plus optimistes diront que ça leur rapporte quand même de l’argent : que nenni messire ! Le film s’ouvre sur l’aéroport où un avion spécialisé dans ce commerce arrive. On sait qu’il repartira avec du poisson ; mais avec quoi vient-il ? C’est con de venir vide quand on peut transporter des armes ! Car c’est bien avec ces engins auxquels ont accès la plupart des gamins de 10 ans que les gens sont en quelque sorte payés. Enfin « en quelque sorte » est un euphémisme puisque parfois le chemin est plus direct qu’il n’y parait…
Rajoutez à cela les classiques tels que le SIDA, le Paludisme, et tout ce qui est dégradant pour un humain en général (prostitution, violences) qui ravagent également la région.
Voila ; l’histoire fait peur ? Pourtant il ne s’agit pas d’une fiction ; c’est bien réel et les images parlent d’elles même ! De plus ce film n’a aucun commentaire, ce qui rajoute à la tension et au drame qui se déroule. Il est ainsi captivant, ce qui fait qu’on ne peut pas en sortir indemne. Ca peut vous foutre un coup au moral sur le coup mais on se dit par la suite que ça en valait largement la peine.





























