Grindhouse
Deux kritikes pour le prix d'une, je vais aujourd'hui m'attarder sur une oeuvre au combien attendue, le projet Grindhouse, de Mr Rodriguez et Tarantino, deux des cinéastes les plus originaux de ces dernières années.
Grindhouse, c'est l'idée de deux histoires totalement différente dans un seul et même film.
Une séance à l'ancienne, d'une certaine façon, où les deux films sont entrecoupés de bandes annonces (qui ont l'air de dater) et messages publicitaires pour donner l'impression d'avoir passer l'après midi au cinéma.
Faisons les choses dans l'ordre et procédons de façon chronologique.
Tout commence par une bande annonce (fictive, il vas s'en dire) de "Machete", film de bourrin de tueur à gage trahi mettant en action l'indien de "Une Nuit en Enfer" et de "Morf ou Vif"et le mexicain de "Nash Bridges" et de "Desperado", hilarant car décalé.
Nous voilà ensuite sur le premier long "Planet Terror", de Robert Rodriguez (celui qui a fait danser Jessica Alba dans Sin City).
Le film est à l'image de la bande annonce précédente, violent et gore à souhait.
Une rapide histoire de transformation d'hommes en monstres et de survie à la resident evil pour une film disons…couillu (vous comprendrez en le voyant).
Rodriguez à pris le partie de faire un film au look volontairement rétro et qui nous rappelle les films d'horreur de seconde zone par lesquels il est vraisemblablement inspiré.
On suit donc le combat de Wray et de sa petite copine Cherry qui tente de repousser les zombies.
Autant vous le dire tout de suite, ce film est dégueulasse. Non pas par sa qualité, étant donné qu'il est bon mais parce qu'il est super gore.
Une petite série d'exemple pour vous le prouver :
- Je ne compte pas le nombre de gars qui se font bouffer la gueule.
- Les zombies sont en constante décomposition
- Sayid enferme des couilles dans un bocal
- Cherry troque sa jambe contre une mitrailleuse (puis une gatling)
Bien que le film soit vraiment trash, l'ensemble des situations et des répliques (une finte sur Ben Laden assez simpa) sont tellement irréaliste et énorme qu'on passe le film pété de rire.
Au casting, on retrouve Freddy Rodriguez, Rose McGowan mais aussi Bruce Willis et Quentin Tarantino himself (dans deux scènes vraiment marrantes).
Une bonne première partie et assurément l'un des films les plus divertissant et décalé que j'ai vu ces derniers temps.
En guise d'entracte, nous avons droit à la bande annonce de "Les Femmes Loup Garou des SS" qui rend compte d'un plan diabolique d'Hitler passé sous silence et visant à conquérir le monde avec Nicolas Cage dans le rôle d'un maître bouddhiste totalement allumé.
Un film de Rob Zombie.
Toute simplement la meilleure bande annonce des trois heures.
Une pub pour de la bouffe mexicaine (pourquoi?) et la bande annonce de "Don't", un film narrant toute les choses a ne pas faire dans un film d'horreur (ne pas ouvrir tel porte, ne pas aller voir le film tout seul). Vraiment n'importe quoi mais assez marrant.
Pour en finir avec les bandes annonces, voilà "Thanksgiving", ou l'histoire d'un meurtrier au hachoir, qui prend les victimes pour de la viande.
Super Gore et super marrant (comme l'ensemble de ce qu'on a eu l'occasion de voir jusqu'alors).
Nous voici rendu au moment tant attendu, le tout dernier film de Tarantino, "Death Proof" ou l'histoire de Cascadeur Mike, un psychopathe qui se sert de sa bagnole pour tuer de jeunes et jolies jeunes filles.
Et là, on reconnaît toute suite la pâte Tarantino, que se soit dans les dialogues (tout simplement excellents) ou dans la façon de filmer ses acteurs (actrices d'ailleurs pour la plupart).
La simple scène du déjeuner entre 4 copines est un exemple du genre (la façon dont tourne la caméra autour des protagoniste et dont chacune est mise en valeur au moment de ses répliques, c'est du grand art).
Si cette partie est moins rythmée que "Planet Terror", l'action n'est pas absente et se traduit par une longue poursuite en voiture assez nerveuse.
La distribution, là encore, ne fait pas rire, avec Kurt Russell, Rosario Dawson, Rose McGowan (qui fait le doublé) et encore une fois Quentin Tarantino (pour lui, c'est le Hat Trick)
Le côté expérimental du film est aussi accentué par des transitions abruptes entre les scènes et des messages de bobines perdues (super marrante sur le principe mais on tire la gueule quand c'est une scène de danse contact qui passe à la trappe).
En résumé, Tarantino à l'air de s'amuser avec le public, sur ce film, on adhère a fond et on en redemande aussi tôt.
Tout ce qui est entrepris et risqué s'avère réussi.
Après trois heures de projection, on sort donc super heureux d'avoir vécu une expérience cinématographique vraiment originale et d'avoir pût matter deux très bons films pour le prix d'un seul ticket.



3 commentaires:
Face au relatif échec du film en Amérique (qu'ils sont cons, ces ricains), le format deux films sera peut être abandonné au profit de deux sorties indépendantes...
Ce serait bien dommage.
Ju
Death Proof est sensationnel, énorme, tarantinesque, avec un hommage à la chartreue que j'ai trouvé énorme, Planet Terror est en deça, histoire plus banal mais la profusion de l'hémoglobine et quelques répliques font bien rire.
Arno
A noter que le rôle du Stuntman, confié à Kurt Russell à été proposé à Sylvester Stallone, qui l'a refusé.
C'est vrai qu'entre un Tarantino et la préparation de rambo 4, y'a pas photo...
Connard, vas !
Ju
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