Broken Flowers
A la recherche d'une séance à improviser et en mode cinéphiles avertis ("sérieux, on a pas autre chose qu'Ultraviolet ?"), les frères S. se mettent en quête d'un grand film, oublié chez leur ami D. depoin.
Alors que cela n'arrive jamais normalement, nous trouvons un excellent film dont le désir de visionnement remonte à maintenant presque deux ans.
Don Johnston (ne pas confondre avec Nash Bridges), Don Juan des temps modernes (célibataire endurci, malgré les conquêtes) apprend que son fils caché (même lui, il en savait rien) est parti à sa recherche.
Perturbé par la nouvelle et sous l'impulsion de son pote Winston, il décide de prendre les devants et de retrouver les 5 femmes avec qui il était, 20 ans auparavant, pour trouver à qui cet enfant appartient.
Un bouquet de rose à la main, il se présente donc successivement aux portes de ses anciennes conquêtes.
Au cour de son périple à travers le pays, Don rencontrera des familles toute plus barrées les unes que les autres, ce qui, à mon avis, le confortera un peu dans sa vision du célibat, tout en le faisant réfléchir.
Bill Murray, excellent comme à son habitude, dans un rôle un peu largué à la "Lost in Translation" fait étalage de tout son talent.
C'est paradoxalement dans la retenue qu'il est le meilleur et sa seule prestance lui permet de faire passer des émotions fortes, malgré l'absence de répliques (rassurer vous, il parle quand même de temps en temps).
Le personnage de Winston est, pour sa part, vraiment original et marrant.
Un émigré éthiopien, fan de romans policiers (il en écrit d'ailleurs) et qui vas aider Don dans ses recherches avec un approche détective privé, vraiment...cocasse.
Aux antipodes du caractère de Don (grande famille, extraverti) il semble présent pour balancer le côté froid et inamical de ce dernier (et nous faire rire, au passage).
Ca marche parfaitement et les deux rôles ont leur bons côtés.
Les rôles secondaires ont étaient confiés à des stars reconnus (Sharon Stone, Jessica Lange, 5 minutes à l'écran chacune) bien que tout le film tourne autour de Don Johnston.
La fin assez abrupte (même si je vous dit pas si il a finalement retrouvé son fils) mais justifié au vue du déroulement du film et du non parti pris du réalisateur, qui filme tout dans la retenu, sans lésiner sur les plans séquences et les scènes muettes.
Un très bon travail de réalisation donc, félicité par le grand prix du Jury, à Cannes en 2005.
(Au passage, récompensé "l'enfant" quand on a "Sin City", "a History of Violence" et "Broken Flowers" en compétition...bref)
A noter que je n'ai pas réussi à trouver d'information sur le doublage du film et sur une possible sortie cinéma en français (je me souviens l'avoir croisé qu'en V.O dans les salles obscures).
Sachez cependant qu'en anglais, il s'avère facilement compréhensible, le jeu étant plus dans les attitudes et situations que dans les répliques.
Si jamais vous décidé de vous procurer l'édition DVD, le problème est réglé et l'audio français et disponible.
Jim Jarmusch réalise donc un nouveau coup de maître après "Ghost Dog" (et dans une moindre mesure, "Dead Man") et s'affirme comme un réalisateur dont il serait bon de surveiller la prochaine oeuvre.
Et ce, malgré sa coupe de cheveux !

























