Le roi et l'oiseau
Si il y a un film d’animation que l’on peut élever au rang d’art, c’est bien le roi et l’oiseau. Sorti en 1980 et créé par Paul Grimault, ce film d’animation retrace l’escapade de la charmante bergère et du ramoneur de rien du tout, de la cité de Takicardie, gouverné par le roi Charles V et III font VIII et VIII font XVI.
Si l’histoire est simpliste, c’est parce qu’ici elle n’est que prétexte à une œuvre ô combien poétique, ou chaque plan, chaque scène est une toile de maître.
La cité de Takicardie, de son sommet (285e étage : appartement de sa majesté) à sa base (la ville basse : où résident les pauvres et les usines) est un véritable assemblage psychédélique de différents arts et style architecturale. L’exemple parfait est cet escalier qu’empruntent les deux tourtereaux dans leur fugue, poursuivis par la police du roi. Immense et à pic, presque vertigineux, d’une longueur à faire pâlir un randonneur de haute montagne, on se demande bien qui peut emprunter cet instrument de torture. La ville de Takicardie semble d’ailleurs bien peu peuplée. A travers le film, on a l’occasion d’apercevoir quelques habitants, mais ils restent peu nombreux, pour une ville aussi grande que celle là. On constate alors le contraste avec le nom de la ville (Tachycardie signifiant rythme cardiaque élevé) et on s’aperçoit qu’elle est le reflet de son roi, voulant donner une impression de grandeur, mais étant vide à l’intérieur.
Parlons-en du roi. Despotes déclaré, il fait disparaitre dans des trappes occultes ceux qui lui déplaisent. Ironie du sort, sa propre image le fera disparaitre dans une de ces trappes. Il est également adepte du culte de la personnalité. Chaque partie de la ville arbore l’une de ses statues ou l’un de ses tableaux, souvent ridicule tellement ils sont exagérés. Il est aussi d’un narcissisme à faire peur, n’aimant que lui, et personne d’autre, à par bien sur ce qu’il ne peut avoir : la bergère. Bien que mauvais (il déclare « Le travail, c’est la liberté », je vous laisse chercher la référence…), son nom et ses actes le font passer pour un bouffon, entouré d’incapable.
N’oublions toutefois pas de parler de l’oiseau. Car si j’ai parlé de la bergère et du ramoneur, c’est en fait l’oiseau le personnage principal. Il est l’incarnation de la paix et de la liberté et c’est lui qui aide le jeune couple à s’échapper de la ville. Il ne loupe jamais une occasion de se moquer du roi, étant d’ailleurs le seul à oser contester son autorité. Il sait parler, c’est d’ailleurs le personnage qui parle le plus dans le film, et ses réflexions sont souvent assez drôles (cf : la scène où il parle aux lions).
N’oublions pas non plus de parler des musiques. Omniprésente, elles sont toutes très belle et collent à merveille avec les scènes dans lesquelles elles sont diffusé, faisant parfois même partie de l’histoire (la marche nuptiale façon robot).
Je pourrais parler de ce film pendant encore longtemps, je m’arrête donc ici. Sachez que si vous ne l’avez jamais vu, il est à voir absolument (ne serait-ce que pour la dernière scène du film, dont je vous laisse la surprise, mais qui, pour moi, est la plus belle du film), et si vous l’avez déjà vu il y a longtemps, n’hésitez pas à le revoir, vous n’en serez pas déçu.
Je pense qu’il a été marquant pour beaucoup de gens (dont moi), notamment un certain Miyazaki. En le revoyant, j’ai en effet remarqué quelques points qui rappellent certaines des meilleures œuvres du maitre de l’animation Japonaise.
Sachez aussi que c’est un film Français dont les dialogues ont été écris par Jacques Prévert, juste avant sa mort.
Kp



1 commentaire:
Bien heureuse de lire cette critique.. J'ai vu à plusieurs reprises "Le roi et l'oiseau" quand j'était encore enfant : il est troublant et interpellant, tellement différent des dessins animés (pouvant etre sympa) que l'on regarde 3 fois dans la même journée pour foutre la paix aux "adultes qui discutent" :) Au fil des lignes, je me replongeai dans cette drôle d'ambiance qui m'a sensiblement marquée.
Je crois que je répondrais à l'appel du "revisionnage" puisque je ne l'ai pas vu depuis qq années maintenant.
Merci KP, vraiment un plaisir !
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