The L Word
Lorsque les américains désigne un mot par sa simple première lettre (The X Word, chez nous, le mot en X), c'est que ce dernier est taboo ou politiquement incorrect.
Si le plus connu d'entre eux est le mot en F (fuck), depuis 2004, une nouvelle lettre est à l'honneur, tout les dimanche en deuxième partie de soirée, sur Showtime.
Si la signification première du L est lesbienne, de nombreux autres mots peuvent être choisis pour définir cette série profondément progressiste et magnifiquement bien écrite.
Lauréate d'un diplôme littéraire à Chicago, Jenny débarque à Los Angeles pour y retrouver Tim, son fiancé et se lancer dans l'écriture de son premier roman.
Bette et Tina, ses voisines lesbiennes, l'introduiront peu à peu à un monde qui la fascine même si elle ne le connait pas, la communauté lesbienne.
Elle fera alors connaissance d'un groupe d'amies exceptionnel où chacune semble avoir sa propre façon d'affronter la vie et son homosexualité.
La première force de la série réside dans les rôles, forts, différents et distribués à des actrices pour la plupart inconnues.
Bette Porter (Jennifer Beals, rescapée de Flashdance) est l'exemple même de la femme cadre qui a réussit dans les affaires comme dans sa vie privée.
La petite trentaine, elle tient une gallerie d'art réputée et partage sa vie avec Tina, avec qui elle essaie d'avoir un bébé.
Alice Pieszecki, agée de 25 ans sert de point central aux relations entre les lesbiennes de toute la ville.
En parallèle de son émission de radio, elle tient un "chart" sur lequel elle répertorie toutes les relations entres les personnes qu'elle connait pour construire un réseau où chaque femme peut se reliée à une autre à travers les personnes avec qui elle a couché.
Tina couche avec Bette, qui à couché avec Alice, qui couchera avec Dana, qui elle même est actuellement avec Lara...
Plutôt ingénieux et assez marrant à l'usage, ce "chart" permet à n'importe quelle lesbienne de Los Angeles de se liée avec une autre en moins de 6 étapes.
Dans cet univers, Shane Mc Cutcheon est un super hub (oui, comme les aéroports), ayant amené 50 personnes ou plus dans le "chart".
Belle gosse par définition, même si ce n'est pas nécessairement la plus jolie du groupe, elle possède un tel sex appeal et une telle assurance que toute les femmes qui aiment les femmes veulent Shane.
Elle irradie et attire, en quelque sorte (elle est vraiment pas dégueulasse, vous vous en doutez).
Ayant du mal à soutenir une relation exclusive, elle préfère aller de fleur en fleur, jamais sans
mal.
On en apprendre peu à peu plus sur son passé tourmenté et les épreuves qu'elle à put rencontrer, étant jeune.
Si toutes les personnes précédentes s'affirment et on fait leur coming out, Dana Fairbanks, en tant que joueuse pro de tennis hésite à le faire, de peur de voir sa carrière et les contrats de sponsorship s'envoler sous son nez.
Pas encore très à l'aise avec sa sexualité, elle n'as pas eu de véritable relation amoureuse et compte sur ses copines pour la mettre à l'aise.
Kit Porter, soeur de Bette, est la seule hétero de la bande. Ancienne star de la chanson, elle tente de se relancer dans le milieu tout en lutant contre ses problèmes d'alcool chroniques.
Le rôle à été confié à Pam Grier, ancienne star de la Blaxploitation, remis au gout du jour par Quentin Tarantino en une magnifique Jackie Brown.
Enfin, Jennifer Schecter (Jenny) est vraisemblablement le personnage le plus complexe de la bande.
Après une enfance très difficile, elle arrive un peu paumé et tente d'exorciser ses démons à travers l'écriture.
Lunatique comme pas deux, elle se pause aussi beaucoup de question sur sa vie, sa relation avec Tim, le monde Lesbien qui l'intrigue et Marina, tenante du "central perk" gay (the Planet) où les amies se retrouve quotidiennement, qui lui fait des avances de plus en plus appuyées.
L'interprétation livrée par le groupe d'actrice et tout bonnement bluffant de justesse et de subtilité.
Dans des registres différents, elles apportes toutes leur plus à une production de grande qualité.
A ce titre, tous les rôles qui se verront introduire par la suite aideront à rendre l'histoire plus dense en multipliant les intrigues et nous permettront de suivre en parallèle des histoires qui se recouperont plus souvent qu'on pourrait le penser.
Les dialogues sont savoureux de réaliste et les situations ne tombent pas dans l'incroyable et le cocasse à outrance (ex. La meuf qui se fait chopper, la première fois qu'elle embrasse quelqu'un).
Le réalisme du tout sera accentué par de nombreuses scènes de sexe plutôt explicite (mais pas interdites, car aux US : pas de pénétration et pas de bite = pas de problème).
Toutes ces femmes sont libres et libérées et ça fait vraiment plaisir à voir.
On s'attache donc très vite aux différents personnages de la série et chacun aura son favori (sa favori, sur le coup).
Un série donc profondément adulte, tant sur les textes que la réalisation (en tout point exemplaire) qui s'adresse principalement aux filles mais qui devrait aussi intéresser les gars (ne serait-ce que pour trouver des infos utiles).
La bande son est vraiment réfléchie et bien élaborée. Pas moins de 5, 6 chansons sont introduits dans chaque épisode, pour soutenir le rythme ou tout simplement faire danser les foules (les scénaristes se serviront vite du Planet comme d'un lieu de concert pour accumuler les gigs).
La série, forte de 4 saisons (50 épisodes), s'est peu à peu imposer dans le paysage audiovisuel ricain et a le mérite de présenter une autre image des lesbiennes, qui ne sont ici pas toutes des camionneuses ou des bucheronnes mais des femmes carrément sexy, plutôt jeunes et très portées sur la mode.
Malgré l'avance dans le temps, le tout semble garder une consistance impressionnante, tout s'emboite parfaitement, les histoires semblent avoir étaient écrits 2 ans à l'avance (c'est pas du "24", quoi), un bonheur.
Voilà, vous l'aurez compris, cette série est une des toutes meilleure qu'il m'ai été donné l'occasion de voir, malgré le fait que l'on ne puisse pas tous s'identifier aux personnages (n'est pas lesbienne qui veut).
Le meilleur moyen pour vous faire une idée de la force de la série, est de regarder le pilote de 90 minutes, véritable film à lui tout seul.
Toute les informations que je vous ai donné jusqu'alors proviennent d'ailleurs de ce seul épisode.
Vraisemblablement le meilleur pilote (premier épisode servant à proposer une série aux networks américains qui décident alors de commander une saison entière ou non) de série qu'il m'ait été donné de voir.
Et croyez moi, j'en ai vu un paquet.
















