Ma Fille, Mon Ange
Janvier 2007, arrêt université de Montréal, Métro ligne Bleu, Montréal, Canada
Une affiche trône dans la station, intrigant l'esprit de tout les passants et nous faisant vaguement croire qu'un cinéma québécois puisse exister.
Intéressés mais pas stupides, nous refusons de payer près de 12 dollars et nous mettons de suite à la recherche de la dite œuvre sur le tout puissant net.
Il aura fallu plus de 6 mois d'une chasse accrue pour que ma grenouille trouve la production tant attendue.
La projection aura donc lieu en France, en un après midi ensoleillé, les yeux plein d'espoir.
("Vous voulez vraiment continuer à jouer au ballon dehors ou rentrer vous mettre devant vos écrans et faire un truc vraiment important?")
Peut à peu, elle se détourne de sa compagne pour tenter de nouvelles expériences, et se faire un peu d'argent.
Un soir, alors que sa femme est allée se coucher, Germain Dagenais, avocat réputé aux ambitions politiques, décide de faire un ptit tour sur ses sites pornos préférés.
Quelle n'est pas sa surprise quand il aperçoit sa fille, donnant rendez vous pour une "performance" live, quatre jours plus tard.
Il y a 6 mois, à la lecture du plot, en voyant l'affiche et en lisant les polémiques qui s'en suivent (dans les journaux montréalais, ici, tout le monde s'en fout), les idées se bousculent dans nos têtes : Belle…jeune…porno…Vanasse…inceste…
Il n'en faut pas plus pour nous intéresser, primaires que nous sommes, toujours en quête de sujets sulfureux.
Plein d'enthousiasme au commencement, la déception n'est encore plus grande, 1h20 plus tard, lors que le film s'achève.
Pas par soucis de censure (comme le dit si bien Sir Manatane, "messieurs les censeurs, je vous dit crotte !") mais tout simplement parce qu'il y en a pas dans le film.
Passé la déception et le sentiment de duperie (l'impression d'être tombé dans un gros panneau siglé "marketing"), on se retrouve avec un polar pas dégueulasse avec pour simple problématique : Qui a fait le coup?
C'est pas du Eastwood ou du Fincher non plus mais ça reste appréciable.
Tout d'abord, le casting dans son ensemble.
Si Karine Vanasse est carrément hot, elle sait aussi faire passer quelques expressions et porte bien le rôle principal de l'affaire.
On aurait la voir plus à poil, c'est tout ce qu'on peut lui reproché.
A 23 ans, c'est son premier rôle majeur, après de nombreuses séries canadiennes (donc assez merdiques).
Nul doute que ce ne sera pas le dernier.
Michel Côté, acteur très réputé outre atlantique (au Canada, pas au cinéma) exprime bien le bordel qui doit raisonner dans la tête d'un père de famille qui voit sa fille filler un mauvais coton.
Plus de la colère, c'est l'incompréhension qui domine dans son jeu.
Vu que ce n'est manifestement pas pour une question d'argent qu'elle fait ça (sa famille est blindée), pourquoi?
Il décide donc de mener sa petite enquête et de remonter jusqu'à Montréal.
(Une enquête à la Jack Baeur, c'est pas Colombo, non plus)
Hormis la première scène où il est tout bonnement incompréhensible (malgré près de 3 ans cumulé de formation intense au québécois qui n'est définitivement pas une langue), il trouve tout le temps le ton juste et justifie parfaitement sa présence au générique.
Parmi les rôles secondaires, notons la bonne performance de Dominique Leduc, en mère pas si à l'ouest que ça alors que Laurence Leboeuf (Angélique) semble sur jouer en permanence.
Soyons donc un peu indulgent.
Ju



1 commentaire:
Voilà, un message pour vous dire qu'il s'agissait de ma 100ème kritike personnelle (hors classements, récompenses et autres conneries).
Aller, ça vaut bien une bière ça.
A la votre!
Ju
P.S: Je suis toujours à la recherche de la "véritable" affiche du film, que je joindrais dès que possible.
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