Heat
Dès le générique on se rend compte qu’on ne se fout pas de notre gueule : Michael Mann dirige les 2 monstres que sont Al Pacino et Robert de Niro. Rajoutez à la distribution Val Kilmer et Jon Voight dans des 2nd rôles et vous voyez l’importance du truc.
Bref ce film s’annonce sous de beaux hospices et la durée importante de 2h43 semble être la seule inquiétude à nos yeux avant le départ.
Et c’est parti : le film s’ouvre sur l’attaque d’un fourgon. La bande de Neil McCauley (Robert de Niro) ne fait pas dans la dentelle. Ce sont de vrais pros qui n’omettent aucun détail dans leur travail. Tout est chronométré, millimétré, précis. Tout ? Non ! Le nouvel élément de la bande, Waingro, est un vrai cow-boy. Ce boulet a la gâchette facile et finit par tuer l’un des gardes. Le hold-up tourne alors au massacre. Neil décide donc de se débarrasser de ce connard mais il parvient à lui échapper.
En même temps le lieutenant Vincent Hanna (Al Pacino) mène l’enquête sur l’attaque. Il prend petit à petit conscience du professionnalisme de ses adversaires en récoltant les divers indices qui s’offrent à lui tout au long de l’enquête. Lui non plus n’est pas un rigolo : il réfléchit vite et bien et sait convaincre ses indiques lorsqu’il le faut.
On a donc face à face 2 numéros un dans leur domaine interprété par 2 putains d’acteurs qui vont jouer au chat et à la souris. Ils nous sont présentés en parallèle et il nous apparaît vite que ces 2 personnages sont à peu près identiques (aussi pros, aussi classes, mais n'ayant aussi aucune vie de famille) et que leur différence vient du seul fait qu’ils n’appartiennent pas au même camp.
Passée toute la qualité du casting et du jeu des acteurs, intéressons nous à la réalisation. Michael Mann signe sans aucun doute l’un de ses meilleurs films si ce n’est le meilleur. Tout est superbe: de la violence des scènes de fusillades au calme régnant lors des planques, rien n’est laissé au hasard. Même une pointe d’humour apparaît lorsque Vincent apprend que sa femme le trompe et qu’il veut à tout prix garder sa putain de télé. Le summum est atteint lors des rencontres entre de Niro et Pacino qui en imposent et nous montre l’étendue de leur talent sans pour autant écraser leur partenaire. Bref, c’est la classe, quoi !
Rajoutez à cela des images très belles, Los Angeles étant magnifiquement filmée.
La durée pose moins de problème que je ne le craignais au début : seules quelques longueurs au niveau des 2h de film ralentissent un peu le rythme avant une fin en apothéose avec un dernier face à face très peu fournit en dialogues mais riche en intensité.
Ce film culte est donc sans aucun doute l’un des meilleurs polars de ces 2 dernières décennies.



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