Tolérance Zéro
C’est désormais une certitude : pour être réussies, les soirées barbeuk chez Kp DOIVENT se terminer par le visionnage d’un navet. Et pour ce faire nous n’avons pas fait dans la dentelle la dernière fois : The Rock nous a tenu compagnie pendant 1h22 ; du pur bonheur les amis !
L’histoire est très simple : après une brillante carrière militaire qui lui a permis d’avoir les biceps plus gros que les cuisses d’un cycliste, Chris est de retour au pays dans sa petite ville du Tennessee. Et là tout a changé : la bourgade jadis si paisible est désormais entre les mains de son ennemi d’enfance et aussi homme d’affaires véreux Jay Hamilton. Alors quand Chris et ses potes font un tour au casino et qu’ils se rendent compte que les dès sont truqués, ça énerve The Rock qui commence a se battre (« tricher c’est pas bien ! Aaaargh »). Malheureusement il réussit à se faire maîtrisé (il a fallu une bonne demi-douzaine de gros bras et un handicap (genou blessé le matin même)) et est laissé pour mort. Mais c’est de The Rock qu’on parle, là, bordel de merde. Il revient le lendemain encore plus furax, et est lâché, tel un taureau dans l’arène, pour tout péter. C’est là que le personnage répond à toutes nos attentes : il arrive en trombe au casino avec son 4x4 (qui est assez démesuré au passage : volant à environ 4 mètres du sol !), prend une putain de planche en bois qui traînait dans le passage, et réduit tout en miette : les machines à sous, les vitres, les gens… Cette planche va d’ailleurs prendre au fur et à mesure du film une dimension de mascotte puisque qu’il s’en servira à chaque fois pour se battre (le flingue ? Connais pas moi ! Je ne crois qu’en la bastos). Elle sera même transformée en batte et trônera chez lui, tel un trophée.
Ainsi The Rock est envoyé au tribunal et c’est là que le spectateur commence à être pris pour un con (oui, tout ce qui s’est passé auparavant était certes, exagéré, mais le fait que ça soit The Rock apportait à la crédibilité des situations) : toutes les apparences sont contre lui (il a tout bousillé quand même !), et il refuse l’aide de son avocat (par un petit « t’es viré » assez marrant) en assurant sa plaidoirie lui-même (recalé au CAP bûcheron pour excès de bourrinitude, rappelons-le). De plus il est noir, tous les jurés sont blancs, et on est dans une petite ville de l’Amérique profonde. Et bien malgré tout ça, monsieur arrive à se faire innocenter et en prime se faire élire Shérif pour foutre toute cette racaille dehors.
Ses premières tâches en tant que garant de la paix répondent à nos attentes : il rencontre un jour son ennemi Hamilton dans sa Porsche et l’arrête pour contrôle des papiers. Comme il ne trouve rien a lui dire et que la rancune le démange, la scène se termine de la sorte : « Sinon il faudra changer ton feu arrière Jay, car il n’est pas règlementaire ! »
« Ah bon ? Pourquoi ? »
Et là on voit The Rock qui sort sa batte (toujours la même) et frappe de toutes ses forces à l’arrière de la Porsche. Il s’en va ainsi, satisfait de lui.
Pour finir le film (oui il y a un scénario pour une fois), on nous ressort l’éternel argument de la came moisie qui a failli tuer un membre de la famille de The Rock. Ses nerfs redeviennent chauffés à blanc et le tout se termine par une fusillade et une baston bourrée de testostérone (batte contre hache) entre The Rock et son ennemi.
Bien sûr, que seraient ces films sans la présence féminine indispensable pour équilibrer la balance ? Pour faire dans l’originalité et le romantique, The Rock rencontre sa copine au casino dans une pièce à strip-tease (c’est d’ailleurs ici qu’est dite la magnifique phrase toute en finesse d’un pote à The Rock : « putain, c’est bourré de faux seins et de vrais trous du cul, ici ! »). La meuf est bien évidemment très atomique et couchera avec le bougre.
Finalement ce film a répondu à toutes nos attentes et est même allé au-delà : la présence de la batte et une multitudes d’autres détails en font un navet vraiment comique.
Dans quelques jours sortira le numéro 2. Malheureusement, l’absence de The Rock du film va certainement lui faire perdre tout son intérêt, et j’ai bien peur qu’il paraisse ignoblement long (les 1h22 du premier volet sont vraiment passées très vite).



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