The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
Voilà un film que j'attendais depuis maintenant un moment.
Une grande production sur la fin de parcours de Jesse James, tentant d'apporter des réponses sur la raison de l'acte de traitrise de Robert Ford (certainement considéré comme le plus grand lâche de l'histoire américaine).
Un point de départ interéssant, une mise en scène maîtrisée, des acteurs impressionnants, pour un film (trop?) long mais brillant.
Jesse James est le plus grand hors la loi du Missouri (et des Etats Unis) à la fin du 19ème siècle et son nom et sa réputation résonnent jusqu'en Europe.
Habitué aux braquages en tout genre (trains, banques...) avec son frère Frank et sa bande d'acolytes, ils se voient contraint de recruter de nouvelles têtes pour son dernier grand coup, l'attaque du Blue Cut.
Parmis ces derniers se trouve le jeune Robert Ford (19 ans) qui a toujours considéré Jesse James comme son idole, au point de lui vouer un véritable culte (détails personnels, conservation de tout les articles de presses, lectures des récits...).
Bob (pour Robert) essaiera donc de se rapprocher de Jesse James pour apprendre de lui mais sera vite rejetté par son modèle (c'est un peu un psycho aussi le Bob Ford).
Ce rejet n'ai qu'un exemple de ce qu'il doit endurer quotidiennement où même sa famille ne semble pas le soutenir.
Une affaire de chasse au traitre rassemblera le cadet des frères Ford et le cadet des frères James et une relation particulière se liera entre les deux, basé sur la peur principalement.
Voilà pour les grands traits de l'histoire, sans vouloir spoiler cette bien belle oeuvre.
Sachez que le film est long, très long et dure 2h40.
Si on sent quelques longueurs, le tout est tellement bien réalisé (Andrew Dominik, réalisateur de l'étrange "Chopper") et bien joué qu'on passe un vrai bon moment devant un film orginal, consistant et maîtrisé.
Entre les passages où s'installe la tension dramatique (qui ira crescendo au fil de l'histoire) entre les personnages, on a droit à de brillantes scènes de narration où l'image se voit légèrement floutée, donnant une vision assez surréaliste, comme si on voyait l'action à travers une lunette d'appareil photographique plutôt ancien, avec des tons jaunatres assez rechauffants.
Si vous vous attendez à un film de bandits violent ou même une sorte de western, vous risquez d'être décontenancé.
Le film entier est basé sur un faux rythme cassé et sur l'interraction silencieuse entre les personnages.
En dehors de la scène d'ouverture d'attaque du Blue Cut, seulement une dizaine de coups de feu sont tirés.
Si ca n'en a pas l'air à première vue (ne prennait pas le film en cours de route), le tout est une véritable réussite dans la durée et sert complètement la complexité du récit.
Les rôles complexes de Jesse James et Robert Ford sont portés au sommet par une paire d'acteur à l'interprétation époustouflante.
Si on savait à quoi s'attendre de Brad Pitt (bien servi, il est vrai par ce rôle d'icône de toute une nation), on est impressionner par le jeune Casey Affleck (frère de...) qui impose sa présence sur tout le film dans un rôle absoluement ingrat qu'il rend vivant et torturé.
Si ses paroles semblent un poil machés au commencement, on s'y fait vite et on apprécie vite la diversité d'expressions et de sentiments transmits à travers le film.
On peut s'attendre (sans trop s'avancer) à une nomination du premier pour l'oscar du meilleur rôle principale et à une victoire du second dans la catégorie du meilleur second rôle.
C'est grâce à l'interprétation que le film à déjà commencé sa raziat de récompense avec l'obtention de la Volpi Cup (prix d'interprétation) masculine pour Brad Pitt, a la Mostra de Venise.
Que vous dire de plus sans vous gacher la surprise de l'un des meilleurs films de cette fin d'année, que je vous conseille de courir voir dans la salle obscure la plus proche.
Ce film ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais ces qualité cinématographique sont indéniables et notre petite délégation Kritikos en est sortie ravie.



1 commentaire:
A lire: l'excellent "Lucky Luke" intitulé "Jesse James"
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