Parce qu’un acteur est excellent (ou tout du moins réputé), on lui cire les pompes constamment, ce qui lui fait penser qu’il peut tout réaliser, comme par exemple, un film de cinéma.
Mais pour un Clint Eastwood (dont je préfère les réalisations au jeu d’acteur) et un Zach Braff ("One Shoot, Head Shoot" avec son "Garden State"), combien de Sean Penn et Sylvester Stallone, pour le coup, polluent nos écrans avec des bouses innommables qui se vendent sur leur seul nom.
Si je n’en avais aucune idée, la fille du président n’est pas une première œuvre ratée mais le point d’orgue de la carrière de réalisateur d’un des tous meilleurs acteurs du moment, au jeu d’acteur encensé par la presse et oscarisé au début de l’année pour sa composition magistrale dans "Le dernier roi d’Ecosse".
C’est pourquoi il me fait encore plus mal qu’il soit responsable de ce…truc.
Samantha MacKenzie est la fille du président et ancien sénateur MacKenzie, et a vécue la plus grande partie de sa vie entourée de gardes du corps et régulièrement sous les projecteurs de la presse people (qui passe son temps à se foutre de la gueule de ses fringues).
Son entrée dans une grande université californienne lui apparaît être une bonne opportunité pour enfin vivre libre et profité de sa jeunesse comme toute les personnes de son âge (qu’on évalue à 18 ans, soit 8 ans de moins que l’âge de l’actrice, décalage classique dans les films hollywoodiens pouraves).
Oui…mais non, parce que 2004 est une année électorale et le président qui se représente met un point d’honneur à assurer la protection de son unique fille.
Sam devra donc se balader en permanence avec 2, 3 gorilles des services secrets en costumes, ce qui n’est pas le meilleur moyen pour se faire des amis.
Voilà pour la présentation neutre du plot, histoire que les 4 ou 5 personnes au monde qui apprécient ce genre de films puissent avoir envie de le matter.
Si cependant, vous avez un cerveau totalement formé, ne vous approché pas de ce film si vous n’êtes pas sérieusement préparé (l’entrainement Bratz nous permet de tout supporter pour le moment).
Maintenant, on va pouvoir passer à la partie où je peux être méchant et spoiler sans hésiter.
Pour l’aider dans sa quête de dévergondage, Sam pourra compter sur sa colocataire Mia (jouée par une actrice sans carrière), stéréotype de jeune black gentiment rebelle dont les convictions fortes s’expriment dès leur première rencontre.
- T’es qu’une conne, je me barre.
- T’es vraiment sûre que tu veux abandonner ?
- Non, c’est vrai.
Tu me manipule là, non ?
- Tout a fait.
- Bon, d'accord, je reste mais je prend ce lit…ou l’autre.
Ah, enfin une jeune qui sait ce qu’elle veut et se laissera pas marcher sur les pieds, ça promet de
grandes situations pour le reste du film.
Par ce que Mia, en plus d’être une conne finie (je crois que vous avez la preuve plus haut), c’est une nympho de première qui cherchera à se faire prendre dans Air Force One alors qu’elle refuse même de parler avec l’homme qu’elle aime.
Comme tout stéréotype de noire, la jeune Mia aime faire la fête, sait danser et sort avec un afro américain, parce que c’est bien connu que les noirs ont le sens du rythme et ne se reproduisent qu'entre eux.
C’est tout juste si elle ne fait pas du basket et connaît personnellement DJ Hammer.
A côté de ça, y’a James Handsome (euh, Lansome), le beau gosse qui a fait rire la première fille (c’est une appellation pour désigner la fille du président, ne cherchez pas dans les phrases d’avant pour savoir de qui je parle) lors d’un amphi et dont on est certain qu’il va la dévergonder.
Mais dans un retournement de situation assez improbable il s’avère être un agent secret en charge de sa protection.
Oui, le même gars qui l’aidait à se déguiser pour semer la presse et échapper à la protection de son service de sécurité.
Et là, j’avoue que j’ai pas vraiment compris pourquoi.
Sans doute pour introduire la notion d’amour interdit, assez appréciée par le public d’adolescentes pré-pubères naïves auquel le film s’adresse.
Dans les autres points énervants (je pourrais vous dire que le film dans son ensemble est énervant mais je vois pas trop l’intérêt de bâcler la kritike d’un film où le réalisateur s’est donné un mal manifeste pour tout foutre en l’air), nous avons la présentation du pouvoir américain des productions Hollywoodienne où le président se révèle être un gars vachement honnête, père aimant, mari exemplaire, politicien aux bonnes idées…blah, blah, blah.
Un conseil d’ailleurs pour les prochains films en quête de réalisme : Ne pas faire jouer des politiciens par des top model, c’est pas super crédible.
Si on est content, au départ, de retrouver Michael Keaton dans ce rôle présidentiel, on est vite triste que l’ex Batman (et à l’époque des Batmans de Burton qui trouaient le cul) se trouve réduit à jouer dans de telles merdes.
Le syndrome Jon Voight est pas loin, attention.
Je finirai par dire un mot sur la bande originale.
"Navrante".
(Si il est assez difficile de résumer une production sonore en un seul mot, je pense ne pas être loin de la vérité en choisissant ce dernier).
Le mot peut d’ailleurs aussi bien s’appliquer au film.
Ju