Sweeney Todd: The Demon Barber of Fleet Street
Avant la traditionnelle “session navet” correspondant aux vacances types de tout kritikos qui se respecte, je me suis dit qu’aller voir un bon film ne me ferait pas de mal. C’est tout naturellement que mon choix s’est porté sur le dernier film du génie Tim Burton, qui sortira en France le 23 Janvier prochain (oui, Ju encore 1 mois à attendre).
« Sweeney Todd » est l’histoire d’une vengeance, celle du barbier Benjamin Barker qui revient à Londres après plusieurs années passées en prison. Il est accompagné d’un jeune garçon, Anthony Hope, lorsqu’ils débarquent de leur bateau. Leur chemin se sépare alors, Anthony vagabondant, et Sweeney (puisque c’est son nouveau nom) revenant vers son ancienne maison. Il rencontre la propriétaire des lieux, Mrs Lovett, qui cuisine « the worst pies of London » et dont la chambre au dessus est à louer. Dans le même temps, Anthony tombe amoureux d’une bourgeoise qui est sous la tutelle (prisonnière en fait) du juge Turpin, odieux personnage ayant causé tous les malheurs de Sweeney.
De son côté Sweeney décide de redevenir barbier, puisqu’il excelle dans cet art; mais le hasard va le faire rencontrer le juge, et ses envies de vengeance vont reprendre le dessus. A titre d’entrainement (et aussi parce que « Sweeney, t’es bien gentil, mais il te manque 2-3 cases dans le ciboulot! ») une étrange collaboration avec Mrs Lovett va l’amener à devenir le « diabolique barbier de Fleet Street », situé juste au dessus du commerce de Mrs Lovett dont le succès des tourtes est grandissant (mais quelle viande peut-elle bien utiliser pour faire des tourtes aussi bonnes?).
Vous l’aurez compris, ce scénario n’est surtout pas à prendre au 1er degré, ce que Tim Burton a fait d’une main de maître. Environ 80% des scènes sont chantées, on se croirait à l’opéra. Les dialogues, leur timing et le vocabulaire utilisé nous font parfois mourir de rire (à titre d’exemple les redondances de « I feel you, Johanna » d’Anthony sont hillarantes). Ce film est tout simplement un chef d’œuvre d’humour noir, mettant en scène des acteurs excellents, le tout dans un décor magnifique.
Johnny Depp est immense dans son rôle, il maîtrise totalement son sujet de sérial killer. Il impose sont style et montre l’étendue de tout son talent. A l’inverse de Dexter, c’est sa démesure qui nous charme. On n’est jamais déçu de ses collaborations avec Burton. De même, Helen Bonham Carter est parfaite dans son rôle de Mrs Lovett. Une question me vient cependant à l’esprit sur son vrai look dans la vie, puisqu’elle a exactement la même tête que dans « Fight Club » ou « Big Fish », pour ne citer que les plus connus. Une apparition de Borat… euh pardon Sacha Baron Cohen dans quelques scènes vous feront hurler de rire. Il manie à la perfection son rôle de barbier italien, véritable caricature comme il sait si bien les faire. Enfin je porterais une mention spéciale à Timothy Spall, qui joue le sous fifre du juge, dont l’allure et la façon de s’exprimer m’ont beaucoup plu.
Là où on aurait simplement pu avoir un banal film d’horreur, Tim Burton nous pond une sublime comédie musicale qui garde son côté amusant malgré tout ses côtés sombres et gothiques. Dès les premières images on sait que c’est de lui. On retrouve l’univers qu’il avait imposé dans des films tels que « Batman » ou « Sleepy Hollow ». Les fans d’animations japonaises y trouveront même une certaine inspiration de cet univers : lorsque Sweeney tranche la gorge, ça gicle!
Burton joue à merveille avec les contrastes de pellicules, changeant l’ambiance d’une scène seulement grâce à l’emploi d’un filtre. C’est surtout l’opposition entre le sujet, horrible et gore, et le style employé, poétique et humouristique, qui ressort de ce film qui, j’en suis sûr, sera une référence dans les prochaines années.



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