Gone Baby Gone
J’ai pas vraiment l’habitude d’écrire juste après un film, à chaud.
Vu que la plupart des films qu’on voit en ce moment sont plutôt moyens (pour ne pas dire à chier), y’a pas trop de problème à laisser passer un peu de temps, pour se rappeler que de l’essentiel, et pas être trop dur avec le film.
Mais ce n’est pas une seconde le cas avec ce très bon film que je viens de finir, sans doute la toute meilleure réalisation de l'année dernière, et qui aurait fait les Kritikos' Choices for 2007 si je l'avais vu à temps.
On peut penser tout ce qu’on veut de Ben Affleck l’acteur (principalement du mal, pour moi), son premier long métrage est un coup de maître.
En plus des nombreux effectifs policiers mobilisés, la tante d’Amanda décide d’embaucher Patrick Kenzie et sa compagne Angie Gennaro, deux jeunes détectives privés qui n’ont jamais vraiment eu à faire à ce genre d’affaire.
Patrick et Angie apportent un regard neuf sur l’affaire grâce à la connaissance particulière qu’ils ont du quartier et de ses habitants (y compris d’Helen, la mère junkie d’Amanda).
En collaboration avec le chef de la police et sous la pression populaire, Patrick va découvrir mensonges et secrets complexifiant la vérité et la rendant sujette à appréciation morale.
Qui plus est, il se passe beaucoup trop de trucs dans le film pour que j'ai une chance de faire un résumé juste, sans trop en dire.
Alors j'ai choisi d'en dire pas assez.
Pour l’info, l'histoire est tiré d'un bouquin de Dennis Lehane, aussi auteur de Mystic River.
Le fait que l’histoire se déroule dans une banlieue de Boston n’est qu’un des points qui a attiré Affleck à la réalisation (il est originaire du coin) et il faut reconnaître qu’il a fait un très bon boulot avec le script.
Il avait déjà fait ces preuves en tant que scénariste sur "The good will hunting", c'est maintenant chose faite au niveau de la réalisation.
Les décors et les personnages ont tous un côté modeste qui renforce l’aspect réel du film.
Les acteurs/actrices ne sont pas cachés sous quinze tonnes de maquillage et ont l’air de véritables personnes, qu’on pourrait croiser en face de chez soi.
L’accent mis sur la précarité du quartier donne son identité au film, assez noir et intimiste, et l’on se sent vite proche de l’histoire.
Il boucle ainsi une grande année 2007, où il se révéla comme un des tout meilleurs acteurs de sa génération.
Dans son phrasé particulier (faut s’accrocher en VO), il s’approprie le personnage de Patrick et les doutes qui l’habitent sans pour autant en faire des tonnes, en restant dans le suggéré et le non dit.
C’est du très bon jeu d’acteur.
Autour de lui, on retrouve pas mal de bon second rôle dont Morgan Freeman mais surtout Ed Harris, qu’on n’avait pas vu aussi bon depuis "A history of violence", dans le rôle d’un policier 'sympa mais pas tant que ça', qui s’avèrera plus important qu’il n’y parait.
C’était déjà sympa, mais on ne savait pas trop où ils voulaient en venir.
Avec ceci, le film prend une nouvelle allure, se trouve un sens en tant qu’ensemble et on est impressionner par la justesse et la modestie de la mise en scène d’une histoire si brillante.
Ju



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