The Kill Point
Selon Shane Botwin de l’excellent “Weeds”, Pittsburgh est une ville calme où il ne se passe pas grand-chose et où sa mère ferait bien d’aller pour oublier tous ces soucis. Sachez que le morveux se base sur de fausses informations puisque c’est dans cette ville que se passe l’action de cette courte série de 8 épisodes de 50 minutes.
Un beau matin, plusieurs personnes débarquent dans une banque afin de la cambrioler. Tout se passe bien pour eux : ils n’ont pas de gros problèmes pour remplir leurs sacs et personne ne semble vouloir jouer au héro. Le seul hic est que dans cette banque se trouve une flic qui pense bien effectuer correctement son boulot. Deuxième hic : dans la rue se trouve un fourgon de police. C’est ainsi que lorsque les bandits rejoignent leur camionnette, une fusillade éclate et les voleurs se voient se replier dans l’enceinte de la banque. Le cambriolage se transforme en prise d’otage.
La suite de la série se déroule à 8 clos, dans le périmètre de la banque. On suit l’histoire de plusieurs points de vue : les bandits, les otages, et les flics qui établissent un périmètre et engagent un négociateur.
Bien évidemment les thèmes récurrents de ce genre d’histoire sont présents : apparition du syndrome de Stockholm chez certains otages, comment gérer les blessés, le combat du négociateur contre les fédéraux qui commencent à s’en mêler… Tout est bien réalisé, rien n’est trop exagéré comme dans « Otage ». Il est amusant de voir une complicité apparaître entre le chef des bandits et le négociateur. A l’inverse de « 24 » où Jack se contente de péter un genou quand il n’est pas d’accord, l’histoire est traitée avec beaucoup plus de finesse; ici tout s’échange, c’est sur cette base que négocient les 2 camps. Ajoutez à cela une complexité s’intensifiant avec le temps : un 3ème camp s’invite à la partie. C’est celui du père d’une otage qui s’avère être une personne assez puissante (mais supérieure à la police?). Ainsi la danse sera menée par l’un des 3 camps les uns après les autres, chacun profitant des faiblesses de ses adversaires.
Il est sympathique de noter que les réalisateurs se sont servis de quelques références. Chaque épisode est construit sur l’architecture de la plupart des séries à suspense telle « Prison Break » : une intrigue et un suspense à sont maximum au niveau des coupures pub et de la fin des épisodes qui nous tiennent en haleine. A l’instar de Mickaël Scofield, le chef des bandits est toujours plein d’idées et c’est lui qui décide qui sort quand et où. Mais contrairement à son collègue qui lui est déjà en prison, ses décisions semblent plus préparées et réfléchies : un reste de son équipe est resté dehors.
Deuxième référence : le magnifique « Reservoir Dog ». Chaque bandit à un nom appartenant au même lexique. Chez Tarantino c’est celui des couleurs, ici celui des animaux. Il y a ainsi Mr Wolf, Rabbit, Pig…
Les acteurs sont bons, leur personnages évolue face aux différentes situations et au déroulement de l’histoire. C’est ainsi que le chef Mr Wolf verra sont poste mis en danger face à la récalcitrance de l’un de ses lieutenants, le négociateur aussi changera de technique…
Malgré une fin qui pourrait décevoir certains, cette série est très réussie sur son ensemble. Des retournements de situations, un suspense haletant et de bons acteurs. Ajouter à cela une position engagée des réalisateurs envers Georges Bush : les cambrioleurs sont en fait des vétérans d’Irak traumatisés par la guerre. Cette prise d’otage leur permet de s’exprimer au public et de s’attirer ainsi leur sympathie.
Finalement, mon conseil sera simple : jetez-vous sur cette série de qualité qui ne s’éternise pas contrairement à ses consœurs d’une vingtaine d’épisodes. Chaque partie est très bien découpée et très intense, ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde.



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