Bring It On
Bring It On ou le modèle teen movie 101 :
Tout d'abord, il vous faut une héroïne, obligatoirement bonne mais pas forcément très futée.
Ici, on poussera le bouchon jusqu'à en faire une vraie débile, à en juger par deux de ses phrases, piquées au hasard:
- Je ne suis que du cheerleading (même en V.O la structure est erronée).
- Tiens, the Clash (parce que son interlocuteur porte un tee shirt du groupe anglais), c'est ton groupe?
C'est aussi pour ce rôle que vous devez avoir une tête d'affiche (ou une gonzesse que les ados reconnaitront).
Bon point du film, c'est ici Kirsten Dunst (avant qu'elle soit devenue assez connue pour se compromettre dans ce genre de films).
Noter que l'héroïne possède toujours un signe particulier, un domaine où elle excelle (études, sports, être bonne,etc.).
Ici c'est le cheerleading (oui, c'est probablement le pire des domaines et ça signifie qu'on aura des chorégraphies ridicules à subir tout au long du film)
Tout teen movie qui se respecte possède, si vous êtes prêt à vulgariser le terme, un intérêt romantique.
Généralement, l'héroïne n'a jamais connu l'amour ou sort avec un trou du cul qu'elle larguera dans le courant du film, pour se tourner vers son véritable amour.
Ici, c'est le deuxième choix et Kirsten lâchera Aaron et sa tête de con quand elle aura compris qu'il l'a prenait pour une conne (littéralement).
Ceci nous amène au rôle masculin du film, interprété par Jesse Bradford (c'est marrant comme le fait de citer le nom de l'acteur donne l'impression qu'on le connait où qu'on a encore des trucs à dire alors que je n'ai aucune idée de qui est cette personne).
Le gars se doit d'être cool sans pour autant être populaire (souvenez vous que la gonzesse principale cherche la nouveauté, l'originalité).
Ici, ce sera donc un musicien underground (bah ouais, il écoute les Clash, vient de Los Angeles, joue de la guitare électrique dans sa chambre et compose des chansons à ses heures perdues), véritable artiste aux yeux de Kirsten (faudra vraiment que je recherche son vrai nom dans le film, histoire de varier les dénominations sans tomber dans le vulgaire).
Personnellement, je trouve qu'il fait de la merde, mais ça n'engage que moi.
Revenons à l'héroïne du film pour s'attarder sur sa famille, ses amis.
L'héroïne n'est pas pauvre (c'est pas "8 mile" non plus) et se doit de posséder un petit frère insupportable, encore plus con qu'elle (souvenez vous de "Bratz", bordel).
(Bon, il m'a fait rire quand il lui a pété dessus mais le reste du temps, j'avais envie de le gifler)
Ses parents ne servent pas à grand chose dans le film, tout juste à amener de la thune ci et là.
Passons maintenant au rôle de la meilleure amie, où deux cas de figures se proposent.
On peut opter pour l'association classique sirène-cachalot en affublant l'héroïne de la plus moche fille du lycée (car le teen movie se passe dans 3/4 des cas au lycée et assez peu à l'université) ou alors on double les dégâts en mettant un deuxième canon dans l'équation, tout en veillant à ce qu'il ne pique pas la vedette du premier (sinon, on se retrouve avec un film de groupe bordélique, ce qui nous renvoie à "Bratz").
Pour se faire, encore deux solutions.
Faire que la copine soit moins intéressante que l'héroïne (plus conne, moins bonne, sans réel talent) ou s'assurer qu'on la voit beaucoup moins à l'écran (on évite les histoires annexes pour son personnage).
Ici, c'est les solutions 2 et 2 qui sont retenues et Eliza Dushku ne sert finalement que de faire valoir à Torrance (yes, j'ai le nom).
Tout film de teen possède ses moments de grandeur, ses phrases chocs ou ses scènes inutiles.
Ici, toute la facette "cheerleader" du film s'occupe de cet aspect et les compétitions (trop nombreuses) sont de véritables supplices.
On en regrette presque le côté dramatique à deux balles du reste du film.
Finissons ce sommaire topo en parlant de la distribution.
Le film de teen répond à la règle du 90/10 et il s'avère que 90% des personnes castés sont de vraies calamités à l'écran, pour 10% de prestations acceptables.
Ici on a Kirsten Dunst et Eliza Dushku contre le reste du monde (de la prod, tout du moins).
Je dis pas que les deux sont de grandes actrices, juste qu'elles tachent moins que les autres.
La kritike avance, le film n'a pas gagné en interêt et je me propose donc d'arriver au point qui différencie l'exemple "Bring It" On du modèle Teen Movie 101.
Le happy end, véritable institution du film de teen, n'est ici pas tout à fait respecté.
Le lycée n'explose pas à la fin, en laissant des petits morceaux de cheerleaders un peu partout dans la rue, non.
Si Torrance et...merde son nom...le rockeur à deux balles...bon, on en reste à "rockeur à deux balles" finissent ensemble, l'équipe de mongoloïdes ne gagne cependant pas la compétition nationale de cheerleading, alors qu'on le voyait arriver gros comme un camion ricain.
Ce pose alors la question:
Cette surprise finale, faux retournement de situation sauve t-il vraiment le film?
L'accusé Peyton Reed peut il être acquitté sur ce seul point?
Si le final joue en sa faveur, le reste de l'œuvre est de trop piètre qualité pour qu'on puisse laisser cette homme sortir libre d'ici.
Qui plus est, l'accusé n'a pas profiter de la chance qui lui a était laissé après la sortie du film et a accumulé les précédents (plutôt des successifs, à l'époque) ("la rupture", "bye bye love"), qui ne tarderont pas à le ramener vers nous.
La cour a statué et demande que cette individu soit pendu haut et court.



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