Julia
L’autre jour en regardant ARTE avec Ju, on est tombé sur une émission consacrée au festival de Berlin (qui a dit « mais bien sûr!… »? Bon d’accord, on zappait après avoir suivi le meilleur show japonais qu’il existe, « Viking »). Des individus parlaient une langue bizarre, le prussien. Heureusement que des journalistes traduisaient en gaulois, car sinon on aurait zappé et loupé les commentaires sur le nouveau film d’Erick Zonca.
-Das film ist ein chef-d’œuvre!
C’est ainsi que je partis voir ce film, plein d’espoir.
Julia est une trentenaire alcoolique qui arrive de moins en moins à cacher son problème. C’est ainsi qu’elle se fait virer de son boulot et dois suivre un programme chez les AA. Elle y rencontre Elena, qui a des problèmes psychiatriques et qui va la convaincre d’enlever son fils dont elle n’a plus la garde. S’en suit alors une fuite à travers la Californie et le Mexique où Julia et le petit Tom seront livrés à eux même et devront faire face à la violence du monde des hors la loi.
Véritable road movie, ce film obéit aux règles des classiques du genre telles que la présence de magnifiques paysages, et le thème de la cohabitation de 2 individus qui ici ne se connaissent pas et dont Julia commence à baser la relation sur la violence et la peur. Bien sûr cette relation évoluera et il est très intéressant d’observer les changements de comportement et de sentiments des uns envers les autres.
Tilda Swinton est magnifique dans son interprétation et très crédible. Elle ne se contente pas de jouer une lourdaude bourrée. Julia est aussi une grande gueule et inconditionnelle dragueuse d’hommes. Cependant, dès qu’elle se rend compte de la gravité de son acte, elle flippe et on trouve une femme paniqué agissant instinctivement. Ses sauts d’humeur (comme braquer une famille pour leur piquer la voiture) ne sont plus directement liés à l’alcool. On est à la fois impressionné par son cran et effrayé par l’extrême violence dont elle est capable. Bref, l’actrice nous livre là une véritable interprétation oscarisable, qui ne tombe jamais dans la caricature malgré les excès dont elle fait preuve.
Zonca nous livre un scénario plein de rebondissements. Rien que le début entre la rencontre de Julia et Elena et l’enlèvement n’est pas linéaire tel qu’expliqué plus haut. Julia finit par enlever Tom après beaucoup de tergiversations dans son cerveau tourmenté par l’alcool et peut-être aussi des problèmes d’ordre psychiatriques (les 2 sont-ils forcément liés?). On apprendra plus tard dans le film des informations soulignant l’ampleur de la folie que Julia a commis. La fuite, elle aussi, ne manque pas de retournements de situations desquels Julia se sort plus ou moins bien et on se demande jusqu’à la fin quelle sera l’issue de l’histoire.
Je vous conseille donc d’aller voir ce film dont les 2h20 passent assez vite malgré un début que certains trouveront peut-être assez lent (perso, pas moi).



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