La Zona
Depuis quelques temps, Laskritikas s’est mis aux films hispanophones. C’est ainsi qu’après les excellents [Rec] et "l’Orphelinat", nous passons de l’autre côté de l’atlantique et nous arrêtons au Mexique pour un film au registre différent. Finis l’horreur et l’épouvante, Rodrigo Plà nous propose un drame se voulant être une réflexion sur la société actuelle et les dérives du communautarisme et de la surenchère de la sécurité.
Mexico, de nos jours. La « Zona » est le nom donné à un quartier riche de la capitale (un goulag de cadres si vous préférez!). C’est un regroupement de maisons, terrains et écoles délimités par un haut mur et surveillé en permanence par des gardes et des caméras vidéo. Un soir l’orage fait tomber un pylône qui détruit partiellement le mur et les caméras se trouvant à cet endroit. Trois jeunes (16 ans) trainant de l’autre côté du mur décident de profité de l’opportunité pour s’introduire dans la Zona et cambrioler une maison. Mais tout ne se passe pas comme prévu : ils se font surprendre par la locataire qui les braque avec une arme à feu. L’un des jeunes n’ayant pas été vu réussi à se glisser derrière elle et l’assommer avec une barre. La scène s’arrête là. On suit désormais l’action du point de vue d’un jeune habitant réveillé par le bruit d’une alarme qui décide de sortir avec son père voir ce qui se passe. Ils trouvent gisant sur le sol la vieille, deux des jeunes, et un garde, morts. Que s’est-il passé? Des riverains parlent d’étranglement, de viol… Des caméras montrent le 3ème jeune s’enfuir. Il se trouve toujours dans la Zona.
Les habitants décident alors de se venger : une véritable chasse à l’homme est ouverte!
C’est à partir de cet instant que le film devient intéressant. Le réalisateur ne se contente pas de raconter une banale course-poursuite à la « Fugitif » ou « Prison Break » mais expose les évènements des « coulisses » et les décisions que vont prendre les différents protagonistes face à cette situation.
D’un côté il y a les riches extrémistes et xénophobes. Ils réunissent le conseil de la communauté et font voter la chasse à l’homme, ainsi que différentes décisions toutes plus fascistes les unes que les autres : « ne pas impliquer la police et le défoncer nous-mêmes ce connard de pauvre, appel à la délation quant à ceux qui seraient susceptibles de ne pas être d’accord avec nous, reprendre les clefs de la maison à nos femmes de ménages… ». Ils sont déterminés et nombreux, même si quelques habitants ne semblent pas être de leur avis.
Enfin on suit un jeune de la Zona dont on ne sait pas trop ce qu’il pense de la situation. Son père fait partit du conseil, sa mère est en faveur de la solution « enquête des flics » et ses amis sont des putains d’apprentis mercenaires qui vivent la situation comme un jeu et n’ont qu’une idée en tête : casser du pauvre.
Bien sûr on revient au cour du film sur la façon dont se sont passés les évènements de la tuerie. Ce choix intelligent de la part du réalisateur à pour but de ne pas nous inciter à prendre partit tout de suite et de nous placer dans la situation des différents personnages dont aucun ne connaît la réalité de la situation mais tous prennent des décisions différentes.
Roberto Plà s’est aussi appliqué à introduire plusieurs retournements de situations. Certains personnages changeront d’avis, ce qui laisse le suspense intact jusqu’au dénouement final.
Finalement, La Zona se révèle être un film de plus à rajouter à la liste hispano-quality, liste des films dont la langue donne de l’urticaire à l’un des membres de notre communauté (c’est pour ça qu’on en regarde peu, mais des bons!).



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