The Virgin Suicides
La scène s'ouvre sur un quartier résidentiel du Michigan, au printemps.
L'année est 1975 et nous le distinguons aux vêtements et attitudes des habitants du quartier, classe moyenne américaine (avec tout ce que cela implique).
Sur une musique berceuse de Air (en charge de la B.O pour laquelle ils se sont surpassés), les premières images coupent avec l'ambiance installée et une voix de jeune homme (Giovanni Ribisi) nous annonce que Cécilia n'est que la première des sœurs Lisbon à connaitre un destin tragique.
Après s'être ouvert les veines, on la retrouve dans une chambre d'hôpital, où un médecin essaie de comprendre.
- Tu n'es même pas assez vieille pour te rendre compte à quel point la vie peut être dure.
- Apparemment docteur, vous n'avez jamais était une fille de 13 ans.
Le ton est donné dès la scène d'introduction.
La famille Lisbon compte 5 filles, toutes blondes, magnifiques et mystérieuses.
Cecilia, 13 ans, est la plus introvertie du groupe et semble porter le poids du monde sur ses épaules. Elle n'apprécie vraiment qu'écrire dans son journal et grimper dans le grand arbre du jardin familial.
Lux, 14 ans (rôle qui lança Kirsten Dunst) , est au contraire la personne la plus extravertie de la famille. Jouant sur son charme fou (sans doute la plus belle femme de la famille), elle s'amuse à allumer les garçon de sa génération dès que possible.
Malgré cette joie de vie apparente, la jeune femme ne se défait jamais d'un masque de tristesse, à l'exemple de ses soeurs.
Les autres rôles sont un peu moins importants (sans être insignifiants, ils ont le mérite d'être complexes et différenciés les uns des autres), sachez que le reste de la famille se compose de Bonnie (15 ans), Mary (16 ans), et Therese (17 ans).
Les sœurs Lisbon sont toutes très appréciées des garçons et particulièrement de ceux vivant la même rue (narrateurs car témoins privilégiés de l'histoire). Ceci (en plus du contexte d'une époque moins permissive que la notre) semble effrayer les parents Lisbon et les filles passent le plus clair de leur temps dans leur chambre, quand elles ne sont pas à l'école.
Comme expliquer plus haut, on est de suite surpris par la tournure que prennent les événements quand la jeune Cecilia (Hanna R. Hall, tout simplement excellente dans le rôle) tente de mettre fin à ses jours (coup de rasoir aux poignets, dans la baignoire).
L'ensemble du film va permettre de chercher pourquoi une personne ayant apparemment tout peut penser à se suicider.
En celà, le film constitue un puzzle pour lequel on trouve toujours de nouveaux éléments, en espérant comprendre le tout à la fin.
Ce n'est cependant pas le cas et chacun fini par se faire ses propres réponses, en déduisant des éléments qui sont donnés.
Si le début du film peut faire sourire par moment (notamment lors de la scène chez le psychologue joué par Danny de Vito), il s'agit d'un véritable drame, et les dernières scènes sont extrêmement tristes (l'oubli, la dérision,etc.).
The Virgin Suicides, adapté du roman éponyme de Jeffrey Eugenides, est le premier long métrage de Sofia Coppola et on y retrouve une mise en scène classique mais efficace, basée sur des plans fixes (caméra immobile ou presque), qui s'enchaînent au rythme de la narration.
Le film ne souffle d'aucun temps mort et est un véritable coup de maître pour la toute meilleure réalisatrice de ces dernières années, qui n'avait pas encore 30 ans à l'époque de la sortie du film.
Tout en soulignant le côté "sacré" et "exceptionnel" du terme "classique", je n'hésite pas une seconde à utiliser l'appellation pour cet excellent film datant de presque 10 ans.



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