Au Bout de la Nuit
On reste dans le film de merde (tiens, comme Nim!) et dans le casting gaché (hey, Life Before Her Eyes!) avec le nouveau film de David Ayer, mettant en scène Keanu Reeves en flic bourrin.
Vu sous le nom de "Street Kings" il a déjà quelques semaines, c'est la participation du film à la prochaine fête du cinéma (ça commence demain) qui m'a rappeler que je ne l'avais pas critiqué.
Le film passe alors d'oeuvre inutile (pas terrible sans être suffisament nul pour être descendu) à film succeptible d'intérêt, au cas où vous ne sachiez pas encore quoi aller voir ce week end.
Je vais donc vous dire pourquoi ce film n'a aucune utilité et vous conseiller de ne pas perdre 2 euros (c'est pas grand chose mais pour un tel film, c'est déjà trop) sur ce concentré de clichés.
Le film se veut dénonciateur ("Ouais, la police californienne, c'est que des pourris!") et aurait put être original si y'en avais pas déjà eu 25 sur le sujet.
En absolu comme en comparaison, ce film là est juste fade.
Tom Ludlow est un flic de Los Angeles en charge des missions spéciales et des interventions chez les méchants en tous genres.
Le mec est plutôt bourrin et aime tirer avant de poser des questions ("Je suis bien chez les rodriguez? non?...ah, bah, mes condoléances alors...").
Sujet à une enquête des affaires internes et du terrible capitaine Biggs, Tom a toujours était protégé par son supérieur, le capitaine Wander.
Après qu'on lui ai appris que son ancien partenaire etait près à le balancer lors du procès, Tom décide de le suivre pour "discuter" quand ce dernier se fait tuer de sang froid au cours de ce qui semble être une attaque de gang.
Au mauvais moment au mauvais endroit (et d'un côté, y'a une de ses balles dans le buffet de la victime), Tom est vite suspecté de l'assassinat de son ex-coéquipier.
Pour se disculper, il enquêtera sur les circonstances du meurtre et se rendra vite compte que ce dernier pue le règlement de comptes entre flics corrompus.
D'un côté, on a Keanu Reeves (toujours aussi inexpressif) dans le rôle du flic super héros, qui passe à travers les balles en concervant une part d'ombre (le mec est torturé, il boit des fioles de vodka de 8 cl toutes les deux secondes), de l'autre, l'ensemble de la police de Los Angeles, qu'il n'hésitera pas à faire tomber dans sa quête de vérité (même si le gars n'est pas tout blanc et risque de prendre cher lui aussi).
On se fait pas trop d'illusions sur le vainqueur à la fin, et le film est juste un pretexte justifiant les méthodes du héros, et suscitant l'admiration des plus impressionnables.
Le scénario a était écrit par James Ellroy (un écrivain policier plutôt balèze) et est passé entre les mains de David Fincher, Oliver Stone et Spike Lee avant d'échouer (c'est bien le mot) entre celles de David Ayer, déjà responsable du mauvais Bad Times.
Après, savoir si le scénar' était pourri ou difficile à mettre en scène, je ne sais pas trop mais aurais tendance à me ranger du côté de l'écrivain, en constatant l'intérêt que le scénar' a suscité parmis les grands noms du cinéma précités.
David Ayer, à l'origine scénariste (et encore, c'est un bien grand mot quand on sais que le gars est à l'origine de "Fast & Furious" et "S.W.A.T."), loupe son deuxième film sur deux tentatives (un dernier strike et tu sors!), dans des genres assez similaires.
Le film profite de l'interprétation de Forrest Whitaker (impressionnant, mais c'est une habitude) et de Hugh Laurie (M.D.) en capitaine attaché aux affaires internes et bien décidé à faire tomber Ludlow.
On assiste pendant une grande partie du film aux affrontements internes de la police californienne (le chef protège ses hommes, et met des batons dans les roues des autres), ce qui est vite chiant quand ça dépasse les deux, trois scènes ("Ok, on a compris, on passe à autre chose maintenant?").
Le film n'est pas vraiment violent en lui même (quelques interrogations musclé et une scène d'ouverture qui sent la poudre) et essaie de mettre en place une atmosphère de crainte et de suspicion qui ne réussit jamais vraiment à prendre.
Parmis les rôles annexes, on retiendra l'intervention de Diskant (interprété par Chris Evans) qu'on aurait aimer voir plus souvent.
Le duo formé avec Ludlow apporte les rares moments de rythme à un film qui semble faire du sur place la plupart du temps.
Pour conclure, je vous mettrai en garde de ne pas vous laisser prendre par la campagne marketing autour du film, ce dernier n'en vaut définitivement pas la peine, que ce soit à 8 euros, à 2, ou à moins.



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