Phénomènes
M. Night Shyamalan est sans nul doute le réalisateur le plus sur-côté d'Hollywood.
Malgré la quantité de films de merde qu'il a enchaîné (les deux tiers du total, si vous y réfléchissait), l'industrie continue à y croire et annonce chaque nouveau navet comme un événement révolutionnant le cinéma.
Son dernier opus, bien que moins mauvais que le catastrophique "Lady in the Water" (Si vous tendez bien l'oreille, vous pouvez encore entendre Itoo crier dans son sommeil, lors des nuits de pleine lune) se range directement dans la catégorie des films pompeux et loupés.
D'un côté, c'est pas comme si on s'y attendait pas...
Un jeudi matin, l'écosystème près de Central Park (New York) pète un câble et les citadins de passage dans une zone de 200 mètre se mettent à adopter un comportement suicidaire, sans raison autre qu'un léger levé de vent.
Etrange me dites vous?
Pas trop au fait, depuis qu'on a entendu Elliott Moore poser les bases du concept dès la seconde scène.
"Il y a des forces en présence dans la nature qui sont au delà de la compréhension humaine..."
Et Moore s'y connait, vu qu'il est quand même prof de BIO au collège.
Après New York, le phénomène se propage à l'ensemble de la côté Est et on rapporte vite un très grand nombre de morts.
Face au phénomène, les experts et politiques s'agitent pendant que les citoyens prennent la fuite. Tous s'interrogent :
Est-ce un coup des terroristes? Une attaque naturelle? Une autre idée toute pourrie de M. Night Shyamalan?
Tout ce qu'on sait, c'est qu'en parallèle, des millions d'abeilles disparaissent chaque année...
Maintenant, celui qui me dit "Oui, mais c'est surement la faute des abeilles, parce qu'elles sont quand même louches, et puis disparaitre, ça veut dire qu'elle ont pas d'alibi, tout ça..." n'a jamais vu un film de M. Night et a oublié une règle de base.
C'est pas parce que Shyamalan ne vous prend pas pour des cons, comme 90 des scénaristes américain, qu'il ne veut pas bien vous faire comprendre que c'est lui le plus malin.
En gros, pendant que vous chercher d'un côté, il arrive dans les 5 dernières minutes (souvent les seules intéressantes du film) pour dire que la solution c'était autre chose et que oui, c'est possible ce qu'il avance.
Bref, je vais pas vous raconter la fin, tout juste vous dire qu'on passe à un tout nouveau niveau dans le foutage de gueule.
Dès les premières scènes du film, on sait que l'heure et demie que dure le film en paraitra 3.
Les musiques flippantes arrivent deux minutes avant que quoi que se soit se passe ("Toi aussi, découvre l'effet de surprise avec M. Night!") et la caméra devient mobile pour 5 seconde au milieu d'une scène, sans qu'on comprenne vraiment pourquoi.
Les effets spéciaux sont minimalistes mais c'est pas vraiment un problème, vu que l'attaque est invisible.
Shyamalan se fait manifestement bien plaisir avec une telle marge de manoeuvre.
M.N.S :"Alors, là, j'ai une idée : disons que vas y avoir des morts, mais on sait pas pourquoi"
A.S.S : "Très fort, très très fort...mais j'ai pas compris.."
M.N.S : "C'est ça qui est bien, on va ouvrir plein de portes, sans jamais répondre à une question, pour que chacun puisse se faire son opinion"
A.S.S : "Et c'est quoi la solution?"
M.N.S : "Oula, doucement garçon, j'y est pas encore pensé à ça, je m'occupe du casting et de dégager un budget avant tout"
A.S.S : "Okay, et ça te couterai combien, tout ça?"
M.N.S : "Alors, si on compte qu'on va tourner majoritairement à la campagne et que les acteurs seront face à un ennemi invisible...je dirai 60 millions..."
A.S.S : "Pour une idée et pas de projet, c'est donné 60 millions...Des idées sur le casting?"
M.N.S : "Disons que le sujet va demander une interprétation profonde et nuancée, donc je pensai prendre un grand dramaturge...Mark Wahlberg!"
M.N.S : "...Je t'aime bien Night, mais ça risque de se voir là, sérieusement..."
Et bien non, ça passe tout seul et le film a déjà rapporté 20 millions de plus que son budget, ce qui est une véritable honte au vue de la qualité du film.
Je n'ai rien contre Mark Wahlberg mais il est aussi crédible en prof de science que Dwayne Johnson dans une comédie musicale.
Il se trouve vite piégé dans un scénario à tiroirs et ne peut empêcher la dérive générale.
Seul Zooey Deschanel relève un peu le niveau du total mais c'est bien loin de faire l'affaire.
Je crois qu'on n'est pas surpris, ni angoissé, une seule seconde dans le film, ce qui est un comble pour le maître du film "qui te fait faire dans ton froc".
Certains tocards se sont extasiés sur la fin en la qualifiant de surprenante (si quelqu'un a dit "révolutionnaire", je voudrais qu'on lui arrache les yeux), personnelement je la trouve honteuse et serait intéressé de connaitre votre avis sur la question.
Si un film de Shyamalan est surtout (seulement?) apprécié pour ses 5 dernières minutes, si ces dernières sont ratées, on se retrouve juste avec un gros film de merde.
Un de plus, j'ai envie de dire.



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