Burn After Reading
Un peu moins d'un an après la sortie du très populaire "No country for old men", les frères Coen sont de retour avec un film sur faux-fond d'espionnage, servi par un casting sentant le dollar.
Si le film ne sortira pas avant le mois de décembre dans nos contrées, nos amis ruskoffs nous propose déjà une version dvd au poil, histoire de se familiariser avec le film présenté en grandes pompes au dernier festival de Cannes.
Après une intro "sponsored-by-Google-Map", on nous lance directement dans les histoires de trois/quatre groupes de personnes, ce qui ne manque pas de foutre le bordel dans nos petites têtes et nous obliger à payer attention dès les premières secondes du film.
Si le tout apparait assez fouilli, le reste du film sera bien plus simple et les liens attendus se formeront pour lier les histoires entre elles.
Le véritable point de départ du film (après un petit quart d'heure) intervient quand deux employés d'une salle de gym moroniques (redondance?) trouve un cd blindé de fichiers (historique bancaire, précédents divers) d'un employé gouvernemental sans réel responsabilité.
Les deux bourricots responsables de la découverte ont rapidement l'idée de se servir de ces informations pour soutirer de la thune à leur propriétaire.
Leur plan prend un grand coup de plomb dans l'aile quand les données retrouvées se révèlent absoluement sans valeur (ce que n'importe quel abruti aurait vite compris).
Voilà, le plot est assez marrant et suggère un film absurde et burlesque.
C'est pas vraiment le cas ici (Coen obligent) et le tout est abordé avec un décalage et une sériosité intéressante, tout en succitant son quota de sourires.
Le casting regroupe des grands noms d'Hollywood et certains habitués des frères Coen.
On retrouvera donc George Clooney, Tilda Swinton, John Malkovitch et Brad Pitt.
C'est d'ailleurs dans le rôle de Brad Pitt qu'on trouve le plus de potentiel comique de l'ensemble de la distribution.
"Jock" de base, Chad passe son temps à courir, faire du vélo, boire des boissons énergétiques, dire de la merde (c'est pas une lumière), ou danser avec son ipod sur les oreilles (des mouvements aussi originaux qu' inappropriés nous renvoyant au très bel ouvrage de "l'art de la danse par A.Selva").
Principal auteur du "plan de génie", il est persuadé avoir trouvé "some serious shit", ce qu'il ne manque pas de faire savoir dès que l'occasion se présente.
S'en suit des dialogues assez sympa, comme lors de la demande de rançon par téléphone:
- Mr...Osbourne Cox?
- Ye..ah...What time is it?
- Are you mr Osbourne Cox?
- Osbourne Cox, yeah, that's my name!
- Sorry to call on you as such an hour but...we may have...gotten your shit.
- Who are you?
- Do you want to get your shit back?
- What shit?
- I mean...some serious shit...
- What the fuck are you talking about?!?
Si les personnages sont intriséquement comiques, le rythme du film est un peu lent et on passe vite du sourire à l'ennui, et vice versa.
Le principe même du film est assez intéressant et prend à contrepied les mauvais films d'espionnage qu'on voit se multiplier.
La CIA n'est pas présenté comme une organisation toute puissante mais un organisme sur le déclin, sans réel but ni attribution depuis la fin de la guerre froide.
Le décallage est donc vraiment cinglant quand deux abrutis pense avoir trouvé des documents classés "secret défense" et se montrent paranoïaques comme si ils étaient dans un film de Jason Bourne.
Je vous laisse découvrir par vous même leurs péripéties, qui ne devrait pas manquer de vous faire sourire (les deux sont des purs produits élevés à la télé).
Malgré ce que j'ai pu penser de "No Country for old men" (j'ai pas vraiment aimé...et je vous emmerde!), j'ai bien apprécié ce film, malgré son côté inégal et ses défaut évidents.
Une comédie intelligence qui donnera le change en période de noël.




