Bienvenue

Salut à toi internaute, félicitations pour avoir trouver Las Kritikas dans ce bordel immense qu'est le net. Nous sommes heureux de te proposer notre avis (subjectif, il va s'en dire) sur le cinéma, les films et la façon dont nous les voyons (assis, dans la plupart des cas).

Régulièrement, nous agrémenterons ce site de critiques de films, séries et animes, qu'ils soient récents ou non (ceux qui nous ont marqué, dans ce cas là). Vous pourrez retrouvez notre avis sur les films qu'il nous est donné de voir , que ce soit des classiques du 7ème art (pour n'en citer qu'un, disons "Le Parrain"), des films basiques (la plupart des sorties) ou bien des grosses daubes (tu sais, ces films qui donnent envie de faire un scrabble, ou pire...).

Nous n'avons nullement l'intention de concurrencer les professionnels du métier, fines plumes des ciné live et autres studio magazine (quoi que...) mais simplement de donner notre avis sur les films que nous avons eu l'occasion de voir, ceux qui nous ont fait rire, ceux qui nous ont fait pleurer, et même ceux dont personne ne se rappelle deux semaines après la sortie (plus nombreux qu'on peut le penser, d'ailleurs...).Le tout, pour vous aider à faire votre choix dans la marée (ou la chiée, pour les plus cavaliers) de films qui nous sont proposés et vous permettre d'avoir toutes les informations en main pour tenter d'apporter une réponse à cette question qui se pose plusieurs fois par semaine (et donc presque existentielle) "Qu'est ce qu'on se matte ce soir ? ".

Pour vous permettre de mieux nous connaitre et permettre d'affiner vos choix selon les affinités que vous pourriez avoir avec l'un ou l'autre de nos kritikos, vous pourrez vous reporter au Kritikos' choices (rubrique honteusement piquée au magazine Joystick...) qui seront régulièrement mis à jour.


Les Kritikos ne s'intéressent pas qu'au 7ème art et vous propose un site annexe (Las Kronikas) où vous pourrez trouver des articles sur la musique et les oeuvres littéraires (le terme semble savant mais ça veut surtout dire "BDs" et "Mangas") qui nous font vibrer et que nous souhaitons partager avec vous.
Ce second site est organisé de la même façon que Las Kritikas et vous ne devriez pas vous perdre en consultant les critiques d'albums, de livres, ou les compte rendus de concerts postés.

Voilà, maintenant que les présentations sont faites, je n'ai qu'à vous souhaiter un bon surf et j'espère que les informations que nous vous apporterons vous seront utiles.

Vos humbles serviteurs, les Kritikos

14 déc. 2009

Steven Seagal: Lawman

Comment ça, ça faisait longtemps? Oui, bon, d’accord : 1 an et demi depuis ma dernière kritike et des « choices » honteusement vieux qui feraient croire que je me trouve sur une île paumée n’ayant pas de salles de cinéma... On n’est pas si loin de la vérité; ça fait maintenant 2 mois que j’ai renoué avec la grenouille et un super forfait 512 Méga ADSL; bref vive le 3ème millénaire.

Mais assez parlé de la kanakie : ce qui nous réunit aujourd’hui est LA série documentaire du moment (vous noterez au passage le choix des mots; « reality show » sonne moins culturel); à savoir les tribulations de Steven Seagal en Louisiane.

Steven en avait marre de jouer les Nico Toscani à l’écran : il faudra désormais l’appeler « chief Seagal », flic en patrouille à Jefferson Parish où les racailles n’ont qu’à bien se tenir. Il veut faire profiter la brigade de son savoir, sa maitrise des arts martiaux et donner un sens à ses collègues de ce métier.

Le pilot des 6 épisodes annonce déjà la couleur : 1ère interpellation : « the suspect is a black man with dreadlocks »; le SUV tourne dans les quartiers chauds; Steven profite d’un moment de répit pour philosopher : « Intelligence is golden etc… ». On commence par du lourd. Il nous prouve aussi sa maitrise du langage argotique avec des expressions telles que « Where he at? » où « Those are the « jects »…the projects ».

L’interpellation a lieu; l’homme est déjà maîtrisé mais ses collègues laissent le soin à Steven de le taser. Encore une victoire de la justice : une transition avant la coupure pub nous rappelle des extraits de la loi et ce dont aura écopé l’électrocu…heu l’accusé.

Steven est aussi un sempai pour certains de ses collègues : il va aider Alex, piètre tireur, à s’améliorer au pistolet pour espérer continuer sa carrière dans la police. Le padawan voue une véritable aura à son maître qui lui enseigne le « Zen master and zen archery behavior » pour ne faire qu’un seul trou avec 12 balles sur une cible à 10 m. Se nommant modestement lui-même « master shooter », Steven nous montre l’étendue de son talent en dégommant la partie en souffre d’une allumette à 7m; mais il n’est pas content : son but était d’allumer l’allumette.

Bien évidemment les témoins qu’il rencontre sur le terrain lui demandent tous des autographes et ses collègues font les mecs blasés. Du grand classique reality show.

On regrette l’absence de démonstrations de clefs de bras et autres techniques de strangulations. Il faut sûrement pour cela regarder les 5 autres épisodes, ce que je vous laisse le soin de faire : je n’ai pas assez de débit…!

Ou alors attendez la sortie de « Machete »…


Itoo

27 oct. 2009

Clones

sortie le 28 octobre

Quelqu'un, qui ne distingue pas les couleurs mais qui est très futé quand même, m'a dit qu'il fallait toujours écrire une kritike à chaud pour qu'elle ait toute sa valeur. Il me faut donc la composer au boulot puisque, pendant que certains continuent à ne rien foutre (sauf que là ils sont en vacances), d'autres bossent.

Prenez donc un mixeur vieux de 15 ans, qui s'essouffle à chaque utilisation. Balancer I.Robot et the Island dans un premier temps. Mixer 3 secondes pour laisser des grumeaux apparents. Rajouter le concept de Die Hard, que dis-je, DES Die Hard, quelques répliques de Minority Report et mixer de nouveau. Quand votre mixeur est mort, rajouter une scène de Terminator (le 3 de préférence), en guise de cerise sur le... cake. Et voilà, vous avez l'odeur, le goût et l'allure de Clones

Pour la petite histoire : la société VSI développe des machines dont le but premier était de permettre aux personnes handicapés moteurs de vivre comme les autres en pilotant mentalement une sorte de clone à l'apparence terriblement humaine. Mais en 14 ans, le progrès oblige, tous les humaines troquent leur vieux sac à viande contre un vigoureux tas de ferraille par lequel ils font leur courses, vont travailler, s'engagent dans l'armée, font les choses que Papa et Maman font dans leur chambre, etc. Le taux de crimes chute, les maladies appartiennent au passé, les accidents aussi. Sécurité est le mot d'ordre. Seuls quelques réfractaires vivent reclus dans des zones réservées où ils refusent ce progrès : ce sont les biologiques...
Malheureusement, une nouvelle arme vient à détruire, en plus du clone, l'opérateur qui le dirige à distance (c'est son cerveau qui bouillit...). L'agent Greer va donc se battre seul contre tous pour, y voir clair !

L'idée est à exploitée. Pourquoi ? Bien sûr qu'il reste les milliers de petites interrogations comme "comment les vrais humains ne sont-ils pas recouverts d'escarres ?", "comment ils ont des bébés si ils se voient que pour du faux ?"... (L'interrogation "comment vont-ils aux toilettes ?" se règle d'elle-même au cours du film... c'est passionnant.) Néanmoins, le concept est dangereusement plausible. La soif de sécurité, de perfection physique, le choix de ce que l'on est, tout cela nous touche tous et chacun ! Les progrès scientifiques vont bon train aujourd'hui et les deux premières minutes du film donne un aspect scientifique très crédible au concept des clones. Socialement plausible, scientifiquement plausible, la situation présentée est terriblement envisageable !

C'est là que cela devient intéressant : quel opérateur se cache derrière la belle blonde ultra sexy ? (oui, quand ça devient trop sexy ça cache quelque chose...) Dans quel état sont les biologiques faisant usage d'un clone ? Qu'est-ce que je choisirais moi ? C'est gravement interpellant finalement. Le petit souci c'est que... ce n'est pas le thème du film. Loin de la psychologie, on est dans la bonne vieille action alors pas le temps de penser, on fonce. Et nous, on reste un peu sur notre faim. En même temps, le film peut se vanter de ne pas faire de prise de parti trop franche. On comprend l'un, on comprend l'autre, les avis se défendent pas mal. Rien que dans le couple Greer, c'est pas franchement évident. Le mari veut toucher sa vraie femme qui veut pas toucher son vrai mari... bref, plus personne sait vraiment où il en est. Mais en même temps, on n’a pas attendu les clones pour avoir des problèmes de couple !

Finalement, selon l'attente qu'on a du film, on est content ou on l'est pas (pas mouillée). Ca soulève des demi-questions, ça n'y répond pas. Ca bouge pas mal mais le sang est vert. C'est une idée exclusive, et c'est plagié de partout. Le bon côté c'est que, le Saint Bois oblige, le visuel est sympa. Les maquilleurs se sont régalés sur les transitions clones/opérateurs ! Les nénettes sont toutes canons comme dans leurs rêves (et ceux des gars), sauf que c'est pas toutes des nanas pour de bon...

Bref, c'est un film qui passe en revue nombre de changements potentiels engrangés par une telle révolution sociale mais qui ne s'y attarde pas vraiment. Moi j'ai aimé. J'ai passé un chouette moment sans réfléchir, puis il m'a pris d'y repenser un peu en sortant pour me dire "ah, c’aurait pu être plus intéressant ! Mais c'était fun, l'idée, les gens, les fauteuils rouges, j'adore ! (?!)

l'Unique Fan

17 oct. 2009

Aztec Rex

Le constat peut paraitre un peu dur mais après la soirée d'hier, on ne peux plus se voiler la face, la TNT est une grande supercherie.

Pendant que les principales "nouvelles grandes chaînes" de la télé gratuite nous proposaient une comique pas drôle, une retransmission de catch ou une enième enquête d'action (toujours inintéressante) il fallait se tourner du côté d'NRJ 12 pour trouver une chaîne osant proposer une oeuvre cinématographique originale et intéressante.
Si le film est à chier, j'ai passé un excellent moment pendant la grosse demi heure que je lui ai accordé.
Oui, une grosse demi heure parce que j'ai pris le film en cours, c'est donc sur un demi film que je vais faire la critique.
Pendant que certains ne faisaient rien (Kp...Kp...Kp...), que petit poto matté un vrai film et que le dernier larron du groupe attendait toujours la sortie de "Che" sur son archipel, votre serviteur donnait de sa personne.

Aztec Rex, c'est le rêve fou d'un cinéphile auto-proclamé cinéaste qui pensait tenir les éléments suffisant pour réaliser un film historique.
Cependant, entre documentaire sur la civilisation aztèque et grosse pompe sur Jurassic Park, son coeur balancait.
Incapable de se décider (une rare anomalie cérébrale l'en empêche), le larron décide de mélanger les deux, en parachutant un T-Rex au milieu d'une tribu d'aztèque tout ce qu'il y a de plus...aztèque.
Pour mener à bien son projet, le trou du cul susnommé dispose d'une palette d'outils plus impressionnants les uns que les autres.
Dans son sac, nous trouvons donc: un pot de peinture bleu/rouge (parfait pour d'authentiques maquillages aztèques), un exemplaire du jeu tomb raider sur PC dont l'ami compte bien se servir pour en tirer des séquences de T-Rex au poil, deux pages d'un dictionnaire espagnol datant de 1926 et ne couvrant que les lettres H et G et un exemplaire piraté de microsoft office pour des effets spéciaux made in powerpoint.
Comme vous pouvez vous en doutez, le résultat est déplorable.

Pour faire simple, l'histoire (si on peut parler d'"histoire", perso je dirais "le prétexte") se concentre sur un groupe de conquistadores espagnols arrivant sur ce qui sera plus tard le Mexique en pensant avoir trouver un nouveau coin à esclaves.
Bref, ce que les conquistadores ne savent pas encore, c'est que les aztèques vouent un culte dérangeant à un lézard géant, dernier descendant de la grande espèces des Tyrannosaures.
Après, comment le dino est arrivé là, on repassera.
Bref, le dino, bien que super sympa et très utile pour écarter les nuisibles à un tout petit défaut...il aime bien bouffer des humains.
Alors quand une toute nouvelle cargaison de barbaque espagouine arrive dans son jardin, l'animal ne se fait pas prier pour se faire connaitre.

Si le film pèche en originalité, en qualité de narration et en jeu d'acteur, ce n'est rien en comparaison de la pauvreté des effets spéciaux et des séquences animées.
Pour vous donnez un exemple, je vous demande de vous rappellez des séquences de Jurassic Park (film plus vieux d'une dizaine d'année) metant en scène l'ami T-Rex.
Dans mes souvenirs (et si j'en crois google images), ça ressemblait à ceci:

Vous remarquerez la subtilité de l'image, le soucis du détail, en un mot, la classe.
Un bien beau Titi, je si je puis dire.
Quand on prend en compte la date de production du film de Spielberg, il serait normal de penser que la technologie a depuis évoluée et que celle utilisée dans Jurassic Park doit maintenant être disponible un peu partout dans le monde, sans pour autant que cela n'ampute trop le budget du film.
De plus, si on compte les économies réalisées sur les acteurs, les scénaristes, les gens en charge de l'adaptation aux différents pays du monde et le connard qui s'est fait passé pour un expert du monde aztèque, on pense qu'il reste suffisament de thunes pour nous sortir un dino digne de ce nom.
Et bien non mes amis, car dans Aztec Rex, la scène critique d'un dinosaure qui engloutie un être humain, ça ressemble à ça:

Je vous parlez du T-Rex de Tomb Raider et franchement, j'aurais aimer qu'il l'utilise pour donner un cacher moins charlot au film.
Si vous ne pouvez pas le voir sur la photo, les séquences mettant en scène le dino sont d'ailleurs saturées en couleurs dégueulasses et assez nocives pour des cerveaux non avertis.
Je vous renvoie maintenant vers l'affiche d'Aztec Rex pour vous rendre compte qu'en plus d'être mauvais, les personnes derrières cette piètre production sont mal honnêtes.

Voilà, je ne m'attarderez pas sur la stupide lutte de pouvoir entre le vieux chef aztèque et un jeune loup aux dents longues (répondant au doux nom de chokobo), de la fausse histoire d'amour entre Rios le conquistador et la fille du chef ou le fait que le même Rios est persuadé qu'il peut mettre en échec le T-Rex avec son fleuret.
Tout les détails du film sont plus aberrants les uns que les autres.

Je finirais donc par vous raconter une scène du film, située à une petite demi heure de la fin.
Rios, Chickenita (je me souviens plus de son nom mais c'est la fille du chef Aztèque) et un prête alcoolique se retrouvent pourchassés par le T-Rex et réussissent à trouver refuge dans un arbre, à l'intérieur duquel la mâchoire du T-Rex ne peut se faufiler.
Au moment où le prêtre, profitant d'un élan de sobriété demande à tout le monde de réfléchir à un plan pour se débarrasser du T-Rex de façon définitive, Rios ne trouve rien de mieux à faire que de demandez au prêtre de mettre ses réflexion à la con de côté et de prendre deux secondes pour le marier avec Saumonëta.
Alors qu'on a du mal à réaliser l'absurdité de la scène, Rios le salopard décide que maintenant qu'il est marié et qu'il peux profiter de deux secondes de répis (le T-Rex est quand même tenu à l'écart par des branches), il est temps de consommer son mariage.
Rios le sale part donc niquer sa belle Peppina, à seulement deux mètre du prêtre.

Je vous laisse réfléchir sur une scène hautement représentative de la qualité globale du film et ajoute que je n'ai vraiment pas perdu mon temps hier soir.
Si j'avais prévu de vous lister toutes les inepties du film, elles étaient tellement nombreuses en une moitié de film que la critique m'aurait pris une plombe.
Donc oui, vous avez eu droit à la version courte.

Ju

15 oct. 2009

Thirst : ceci est mon sang

Je veux bien que les frères marteaux nous ne postions plus beaucoup de kritikes ces temps-ci mais on fait au moins illusion en tenant à jour nos rubriques de page d'accueil, alors que y'en a d'autres qui ont aucun scrupules, et je dis bien AUCUN scrupules, à mettre Che en "film le plus attendu" et Slumdog Millionaire en "film du moment"...voila voila, mais je ne donnerai pas de noms je suis pas là pour ça...--------------->
« Thirst : ceci est mon sang», oui pardonnez le sous titre un peu pompeux mais un « Thirst » existait déjà, bref « Thirst » le nouveau film du réalisateur du multi-primé « Old Boy » est une étrangeté en soi. Le synopsis audacieux d'un prêtre qui en inoculant un vaccin expérimental pour un virus mortel, meurt et ressuscite en un vampire assoiffé de sang et de sexe, donne bien l'idée de la liberté dont Mr Chan-Wook dispose pour réaliser ses films. Il faut le reconnaître le peech est assez osé, nous verrons que la réalisation et le format le sont tout autant.

Parlons du format tout d'abord, le film fait 2h13min et se divise en deux parties, la première retrace la métamorphose de notre jeune prêtre en créature de la nuit avec tout ce qui peut en découler (besoin de sang pour survivre, une irrévérencieuse envie de sexe, ne supporte pas le soleil...), ici l'intérêt, vous l'aurez compris, c'est de savoir comment notre prêtre va concilier ses principes religieux et ses pulsions (ses besoins même). Le tout est très ironique et étonnant, car sur ces obligations va se greffer une histoire d'amour et une relation assez destructrice avec le frère de la donzelle. Le problème c'est qu'à la fin de la première partie on sent que le temps commence à être un peu long, heureusement la seconde partie va donner un regain d'intérêt.
La seconde partie n'a rien à voir, ici la retenue et le remord laisse place à l'anthropomorphisme et un déluge de violence, de sadisme et d'hémoglobine sur un registre complètement cynique, exemple : saviez vous que pour pouvoir profiter pleinement du sang d'un humain mort (étant donné que son cœur ne bat plus et que le sang n'afflue pas quand vous le mordez), il faut lui couper les chevilles et le suspendre dans la douche pour que tout le sang puisse se déverser grâce à la gravité?
Si la première partie laisse la part belle à Song Hang-Ho (le prêtre), la deuxième laisse explosé toute l'excentricité et le talent de la très belle actrice Kim Ok-Bin.

Concernant la réalisation, pour ceux qui ont vu « Old Boy » vous aurez compris que Park Chan-Wook n'est pas du genre à s'effacer derrière la caméra, et c'est encore plus vrai dans ce film, il déborde d'idées toutes les plus farfelus les unes que les autres.
Le point fort c'est que ça donne parfois des plans sublimes, le point faible c'est que c'est seulement « parfois », ajouter à cela une tendance à étouffer complètement le récit avec une surenchère d'effets. La séquence final est pour cela un parfait exemple, il nous donne un sublime plan d'un soleil levant rouge sang et puis il étire complètement sa scène dans toutes les directions avec des plans et des effets dispensables. C'est dommage. Parce que a côté de ça le romantisme et la beauté de certaines scènes sont à pleurer.

En résumé le film est très drôle et beau, mais un peu trop surfait avec des longueurs sur la fin de la première partie. Si vous voulez découvrir ce réalisateur je vous conseille avant tout « Old Boy » plus réussi, mais ce film n'en reste pas moins un bon film.

Arno

25 août 2009

Inglorious Basterds

La sortie d'un nouveau Tarantino est toujours un petit événement en tant que tel.

Si la qualité est (selon moi) toujours au rendez vous, chaque film se démarque du précédent et personne ne peux sérieusement soutenir que toutes les oeuvres de Quentin Tarantino se ressemblent.
Si dialogues au poil et violence esthétique reviennent généralement, il s'agit plus de qualités que de caractéristiques propres.
Comme beaucoup de personne, c'est grâce à Pulp Fiction que j'ai découvert le cinéaste (c'est après seulement que je me suis penché sur "Reservoir Dogs" et ses travaux plus anciens), il y a de ça tout juste quinze ans.
Depuis, chaque nouveau film de QT (je favorise la rapidité à l'évitement du ridicule) me laisse pantois.
D'un côté, je reconnais la valeur cinématographique de l'oeuvre, j'ai passé un bon moment.
De l'autre, je ne reconnais pas vraiment le côté exceptionnel qu'attendais et que je voulais retrouver.
Dans la plupart des cas, cela vient avec le temps et le revisionnage.
Le cas d'Inglorious Basterds est différent.
Je me suis délecter de chaque minute du film et suis sortie de la projection avec la banane, conscient d'avoir assister à quelque chose d'exceptionnel.
Si maintenant, le film passe l'épreuve du temps et la multitude des visionnages qui l'attendent, plus rien ne m'empêchera de dire que nous avons à faire à un classique.

Commençons par l'histoire et le contexte historique.
Tarantino nous propose une réécriture de l'histoire mondiale, une face b de la seconde guerre, ou plus simplement une galerie de personnages qui auraient put changer le cours des événements enseignés à travers le monde.
Surnommés les "basterds" par les forces allemandes ennemies, il s'agit d'un petit groupe de soldats juifs américains bien décidés à rendre la monnaie du mark nazi.
Ni torture, ni prisonniers, les basterds se contentent de traquer, tuer et scalper les troupes teutonnes qui ont la malchance de croiser leur chemin.
Mener par le lieutenant Aldo Raine, les basterds se comptent au nombre de 8, tous plus barrés les uns que les autres.
Du traitre Hugo Stiglitz à l'ours juif en passant par "le petit homme", vous apprendrez à tous les connaître, à tous les apprécier malgré leur sadisme évident.

En ce qui concerne l'interprétation, c'est du côté des "méchants" nazis que l'on trouve l'individualité qui ressort du film, en la personne de Christoph Waltz, dont le travail dans la rôle du colonel SS Hans Landa a était reconnue et récompensée du prix d'interprétation masculine, au dernier festival de Cannes.
D'un cynisme et d'une prestance impressionnante, le colonel apparaît bien plus effrayant que l'ensemble des basterds.

Si ce n'était pas le principal attrait de ses précédents, sachez qu'Inglorious Basterds est un film extrêmement drôle.
Ceci est une vraie force et permet au spectateur de décompresser après quelques passages un peu violent.
La violence du film n'est d'ailleurs ni omniprésente, ni vraiment gratuite mais peut être qualifiée de "graphique".
Aucun contact ou angle de vue n'est ignoré et les effets sonores ont une importance capitale pour retranscrire la violence de ce qui se passe à l'écran.

Inglorious Basterds semble satisfaire nos instincts les plus bas (claquer du nazis=cool) mais ne peux pas vraiment être taxé de nationalisme pour peu qu'on prenne le film au second degré, ce qui est constamment suggéré par des personnages vraiment décalés et exagérés.
Le film ne s'inscrit nullement comme une alternative idéale et fictive aux événements de la seconde guerre mondiale, ni réellement comme une réécriture "conte de fée" d'une période historique trop discutée, trop reconstituée (films et autres médias) et offre une alternative loufoque à la hauteur des personnages.
Dans le rôle du créateur, Quentin Tarantino a toujours su créer des personnages haut en couleurs et absolument uniques.
Utilisés comme base à l'ensemble des récits et histoires contées par le réalisateur, les personnages résument encore une fois le film dans son ensemble.
Dans le cas d'Inglorious Basterds, l'histoire découle finalement d'une possibilité "ET SI ces personnages avaient existé", ce qui offre une vraie escapade au spectateur, en marge de l'histoire pure.

Je ne pourrais finir la kritike d'un film de Tarantino sans vous parler de la bande originale, véritable chef d'oeuvre dans la lignée de ce qu'on a l'habitude d'obtenir de la part du réalisateur.
En phase avec la période historique traitée dans le film, la bande son alterne les thèmes épiques et les "chansons d'époque", en français comme en allemand (c'est d'ailleurs la même chanson).
Encore un très bon album à posséder.

Pour finir, sachez que vous n'avez aucune excuse si vous décidez d'aller voir le film en VF dans la mesure où la version originale développe l'excellente idée de proposer une alternance entre le français (majoritaire dans le film), l'anglais, l'allemand et même l'italien (dans une fameuse séquence).
Si l'idée parait un peu bordélique ou la démarche forcée, la réalisation s'avère judicieuse et apporte un grand plus au niveau du réalisme et de l'immersion dans l'histoire.

Voilà, je vous laisse découvrir de très nombreux éléments non effleurés par la kritike et vous incite à tous aller voir ce que je considère comme le film de QT m'ayant fait la plus grosse première impression depuis Pulp Fiction.

Ju

7 juil. 2009

Whatever Works

Woody Allen c’est un peu comme un oncle éloigné qui habite loin de Grenoble mais qui s’arrange pour venir nous voir au moins une fois par an, avec toujours 36000 choses à nous raconter.

Pour fêter son retour à New-York, Woody renouvelle complètement l'équipe, fini Scarlet place à Evan Rachel Wood, et dans le rôle principal : Larry David (drôlissime d'ailleurs).
Le film est donc centré sur un vieux génie, boiteux, le plus cynique personnage qui puisse exister, mais aussi le plus misanthrope : Boris Yellnikoff, naturellement alter-égo de Woody Allen.
Ce génie a failli avoir le prix Nobel de Physique, « failli » car en fait sa vie est une suite d’échec (le prix Nobel, son mariage, ses suicides). Tous ses échecs l’ont rendu complètement cynique et extrêmement lucide sur la vie et sur la condition humaine. Il est tellement lucide qu'il se sait observer par les spectateurs du cinéma (nous) et il s'autorise des regards caméra en nous prenant à parti, c'est vraiment drôle et ça donne bien la dimension du personnage. C'est marrant aussi de voir comment à quasiment 74 ans, ce vieux bougre de Woody Allen se délecte de transgresser les règles.

Un beau jour Boris rencontre la très jeune Melody (un clin d’œil à la Melody Nelson de Serge Gainsbourg? l’écart d’âge entre les deux peut y faire penser) au pied de sa porte qu’il accueille un peu à contre cœur, cette jeune fille s’avère un tantinet idiote, je vous laisse vous faire une idée du personnage à travers cette citation :"Boris est un génie, il a failli obtenir le prix Nobel, quelle catégorie déjà? meilleur film?".
Naturellement cette belle jeune fille du Sud ne comprend pas le 2nd degré de Boris, ce qui donne lieu à des situations plutôt cocasses.
Boris va plus ou moins jouer le rôle de mentor pour Melody, lui apprenant la vie et lui transmettant un peu de son regard acerbe sur les gens, puis vont s'en suivre des péripéties que je ne vous raconte pas (arrivée des parents mémorable, etc...).

Si l'on devait dresser les différents thèmes abordés dans le film, on peut commencer par la petite claque que met Woody Allen à l'Amérique puritaine et leur intolérance sexuelle, utilisant jusqu’à la relation polygame comme ressort comique.

Plutôt que la doctrine biblique, Woody Allen y préfère la théorie du « Whatever works », peu importe la chose tant que ça marche et que vous êtes en accord avec vous-même, le reste tient du hasard (le thème du hasard qu'on pouvait voir dans Match Point avec la balle qui peut tomber d'un côté comme de l'autre).
Woody Allen évoque aussi le côté éphémère et la complexité du sentiment amoureux, Boris le dit à sa femme : « Sur le papier on était fait pour être ensemble, seulement la vie ce n'est pas sur le papier ».
On retrouve aussi, comme dans bien des films, le cinéma comme apaiseur de moeurs, Boris a des crises de paniques pendant la nuit, la seul chose qui arrive à l'apaiser? je vous le donne en mille : un film ! (si ca c'est pas un alter-égo de Woody)
Woody évite les écueils d’un mauvais « feel good movie » grâce au cynisme du personnage principal, et grâce à la magie des dialogues et des seconds rôles, c'est incroyablement bien écrit. Le clin d’œil aux « feel good movie » tient simplement au final.

Comme la plupart des films que je décide de critiquer, je vous conseille ce dernier cru de l'indomptable Woody Allen.

Arno

28 juin 2009

Coraline

La fête du cinéma a débuté, et elle durera désormais une semaine entière.
Même principe que chaque année, on se fait allumer sur la première place et obtient un passeport permettant de voir tous les films suivants à prix réduit.
Seulement, à 9,8 euros la première place et 3 euros celles d'après, il ne faut pas être bien vieux pour se rendre compte qu'on se fait un peu niquer.
Elle est bien loin l'époque où l'on payait à peine plus de 30 francs la première et 10 francs les places suivantes.
Aller, je commence à passer pour un vieux aigri, passons au film.

Coraline est une jeune fille d'une bonne dizaine d'années en provenance du Michigan et venant d'emménager dans une toute nouvelle maison, quelque part entre le trou du cul du monde et Varces Allières et Risset.
Très imaginative et toujours en quête d'aventure, la jeune Coraline voit son imagination bridée par des parents stressés par leurs jobs.
C'est alors qu'elle découvre une petite porte, donnant du salon familiale sur un monde parallèle apparemment féerique.

Coraline est le dernier projet du réalisateur du magnifique "Etrange noel de mr Jack" ou il emprunte de nombreux éléments.
En dehors d'une des premières scènes voyant Coraline s'enfuir vers une foret inconnue surplombant sa demeure, avec pour seule compagnie un chat noir (c'est bon, j'arrête là, vous voyez la référence?), c'est dans les personnages loufoques, le style architecturale des décors et la place centrale de la musique dans le film qui nous rappelle son oeuvre majeure.

Revenons d'ailleurs sur la bande originale du film, assez inégale, oscillant entre de très bonnes musiques d'ambiance et des thèmes chantés assez moyens.
Le résultat final ne tien pas la comparaison avec la musique fournie par Danny Elfman pour la collaboration Burton-Selick et c'est bien dommage.

Le film est annoncé comme conseillé au dix ans et plus, ce qui est compréhensible au vue du côté assez sombre qui l'entoure.
Si le côté graphique s'avère un peu noir, la morale est tout de même respectée, et tout fini pour le mieux.
Le film est donc conseillable à toute la famille, même si les plus jeunes pourrait être effrayé par certains plans.

Revenons maintenant sur le film pour vous dire que l'histoire est aussi sympathique qu'originale et les personnages sont étrangement tous attachants (ce qui est assez rare).
Par ailleurs, le film est le premier film d'animation stop-motion réalisé en 3D, pour un résultat techniquement très intéressant malgré une impression occasionnelle de ralenti que je n'explique pas.
Un film d'animation assez intéressant que je vous conseille de découvrir, surtout si ça ne vous coûte que trois euros.

Ju

19 mai 2009

Notorious

Après le très bon article du fréro sur un film que je n'irai pas voir, je vais maintenant vous parler d'un film que j'attendais depuis un petit moment, et dont la sortie en France date de mercredi.
J'ai vu le film y'a maintenant un petit moment mais en ai un souvenir plutôt fidèle grâce à mon intérêt particulier pour le sujet traité.
Car oui, même si ça irrite le Kp, je suis assez friand (de fromage...je m'égare...) de l'oeuvre musical de Christopher Wallace.
Plus connus sur le nom de Notorious B.I.G. (ou Biggie), le gros garçon a régné sur le rap américain entre 1994 (date de son chef d'oeuvre de premier album "ready to die") et 1997 (sortie du second album du rappeur coïncidant avec sa mort tragique).
Nul besoin de connaître l'œuvre de l'artiste pour regarder le film, tout vous sera expliqué, sur près de 2h de film.

De son enfance dans les rues de Brooklyn à sa mort dans la ville des anges, le film retrace la vie de façon assez complète, même si l'on aurait apprécié qu'il se concentre un peu plus sur l'art de Biggie, et un peu moins sur sa vie personnelle et sentimentale.
Mais bon, il parait qu'il faut connaitre l'homme pour comprendre l'artiste.
Personnellement, je trouve que c'est un peu de la connerie dans la mesure où Chrisopher Wallace n'est pas dépeint sous son meilleur jour et apparait comme un être très peu méritant, libertin comme pas deux et dealer à ses heures perdues.
On se demande d'ailleurs vite si la vie du rappeur est suffisamment intéressante pour être conté ou si on n'est pas victime d'une mode "biopic à outrance" où toute personne un tant soit peu charismatique a droit à son long métrage.
Le film s'adresse avant tout au fan de rap qui peut sommeiller en vous.
(Attention, on parle ici de vrai hip hop et pas de la merde que vous pouvez entendre sur Skyrock ou de rap-racaille qui fille la nausée)

Pour porter un bon biopic, il faut un bon acteur et ce n'est pas le cas ici.
Jamal Woolard, si il est assez proche du rappeur sur le point de vue physique (il sont tous deux gros et noirs...) semble un peu limité au niveau du jeu d'acteur et traverse le film entier avec deux expressions.
Si il est regrettable de ne pas avoir droit à un grand acteur principal, Woolard se trouve tout de même au dessus de tous ses collègue employés sur le film, tous plus mauvais les uns que les autres.
Que se soit les rôles de Puff Daddy, Tupac ou Faith Evans, les interprètes ne réussissent à faire ressortir que le côté niais des personnages et à aucun moment leur charisme.
Le problème est différent dans le cas de Lil'Kim, dans la mesure où l'actrice est bonne et que la chanteuse n'a jamais eu d'autre charisme que celui que pouvait lui accorder les adolescents américains pré pubères un poil vicelards.

En terme de biopic hip hop, on avait eu droit au bon "8 mile" qui fait figure de grand film face à cette fade reconstitution de la vie de l'un des plus grand rappeur de tous les temps (ne vous exciter pas, si on prend en compte l'histoire du rap U.S., ça donne une vingtaine d'années).
Les fans de Biggie seront surement déçu par le résultat final et j'encourage tous les autres à se familiariser avec l'œuvre musicale du rappeur de Brooklyn, véritable pierre angulaire de l'histoire du rap U.S.

Ju

P.S: Je vous laisse avec un petit clip, bien plus utile à la mémoire de Notorious B.I.G. que ce film très moyen.

8 mai 2009

Still Walking

Détrompez-vous Las Kritikas n’est pas mort, le site est juste en veille pour cause de planning familial chargé. En tout cas pour les irréductibles qui continuent à tourner sur le site dans l’attente d’une critique votre patience a payé, bravo !

CHut! les lumières s'éteignent, le film débute... deux femmes discutent en préparant le repas, un vieux médecin bougon les ignorent et sort de la maison, il traverse la ville (Yokohama) et le générique le suit.
Pour ce qui est du décor ce sera tout, toute l'intrigue tournera autour de cette ville entre la maison, le cimetière et la plage. La maison que j'évoquais c'est la maison familiale où l'ensemble de la famille va se retrouver (comme chaque année depuis 15 ans) pour commémorer la mort du fils ainé, décédé en tentant de sauver un garçon de la noyade.

Le titre « Still Walking », qu’on peut traduire sommairement par ‘continue à marcher’, est assez paradoxal : la vie doit continuer mais pourtant la famille chancelle.
Bien évidemment il y a le bonheur communicatif des enfants qui s'amuse dans le jardin des grands parents et l'humour; mais c'est pour mieux cacher les secrets, les ressentiments, les non-dits familiaux et la difficulté du deuil. S'il y a un personnage qui vit mal ce deuil c'est bien la grand mère, elle dit à quel point c'est difficile d'avoir à enterrer son fils. Pour supporter cette mort, chaque année elle se plie à un rituel sordide qui consiste à faire revenir le garçon sauvé de la noyade pour qu'il prie devant l'autel érigé au fils défunt, il est tout gros, tout mal à l'aise, tout maladroit, mais elle s'en délecte, "c'est tellement plus facile quand on a quelqu'un à haïr" dit-elle. La cruauté comme rempart au deuil: une pépite d'humour noir.
En fait ce film est une chronique de vie avec la mort, plutôt que de vie après la mort. On retrouve cette idée dans la scène où le papi et son fils retournent sur la plage le lendemain de la commémoration, on y voit cette mer où Kenji s’est noyé, où tout a basculé, souligné par la métaphore du bateau échoué sur la plage, symbole du naufrage familiale qu’a entrainé la mer en emportant leur fils. Le fait que ce soit le lendemain du jour de la commémoration nous montre aussi à quel point le spectre du fils est ancré dans la famille, ce n’est pas l’affaire d’un seul jour, c’est un souvenir perpétuel.

Passé l'aspect funeste du propos si l'on y regarde bien on retrouve un peu de ce qui fait une famille normale, cette mascarade nous touche intimement parce qu'elle nous ramène à nos propres secrets et "non-dits" familiaux, et ce avec subtilité et lyrisme.

La disparition semble être un thème cher à Hirokazu Kore-Eda qui l’évoquait déjà dans son précédent film « Nobody Knows » à travers le point de vue d’enfants abandonnés par leur mère, contraints à vivre par leurs propres moyens (film dont j'ai absolument aucun souvenir). Coté réalisation Hirokazu a apporté un soin tout particulier à la lumière qui, il faut le dire, est sublime, et la mise en scène est impressionnante tellement elle est fluide et subtile. On notera aussi la qualité de dialoguiste de Kore-Eda qui nous livre des échanges débordant de réalisme et d'humour.

Foncez voir ce film c'est un bijou.

Arno

5 mars 2009

LasKritikas contre la loi Création et Internet

En signe de protestation face à la loi Creation et Internet, LasKritikas participe à l'opération "Black-out" de l'Internet Français

Pour ceux qui veulent en savoir plus je vous conseille les sites suivant:
La quadrature du net
J'aime les internautes

Petit ajout: un site qui permet de se tenir au courant de l'actualité sur la loi
Numerama

HADOPI - Le Net en France : black-out

12 janv. 2009

Golden Globes 2009

Hier soir, dans la froideur de la nuit californienne, étaient décernés les Golden Globe Awards, seulement un mois avant la cérémonie des Oscars.
La cérémonie marque le début de la "saison" des grandes cérémonies et du triptyque "Golden Globes/Oscars/Kritikos d'or" (qui a dit Césars? tu sors!).
Récompensant les séries comme les films et faisant, comme à son habitude, la distinction entre drame et comédie, voici un rapide aperçu des lauréats, désormais heureux propriétaires d'un globe doré :

Récompenses cinématographiques

Meilleur film dramatique : Slumdog Millionaire
Meilleure comédie ou comédie musicale : Vicky Cristina Barcelona
Meilleur acteur dans un drame : Mickey Rourke, dans The Wrestler
Meilleure actrice dans un drame : Kate Winslet, dans Revolutionary Road
Meilleur acteur dans une comédie : Colin Farrell, dans Bruges
Meilleure actrice dans une comédie : Sally Hawkins, dans Happy Go Lucky
Meilleur acteur dans un second rôle : Heath Ledger, dans The Dark Knight
Meilleure actrice dans un second rôle : Kate Winslet, dans The Reader
Meilleur réalisateur : Danny Boyle, pour Slumdog Millionaire
Meilleur scénario : Simon Beaufoy, pour Slumdog Millionaire
Meilleure musique : A.R. Rahman, pour Slumdog Millionaire
Meilleur film d'animation : Wall-e
Meilleur film étranger : Valse avec Bachir

Récompenses série..ographiques

Meilleure série dramatique : Mad Men, AMC
Meilleure série comique ou comédie musicale : 30 Rock, NBC
Meilleur acteur dans une série dramatique : Gabriel Byrne, dans In Treatment
Meilleure actrice dans une série dramatique : Anna Paquin, dans True Blood
Meilleur acteur dans une série comique : Alec Baldwin, dans 30 Rock
Meilleure actrice dans une série comique : Tina Fey, dans 30 Rock

On remarquera bien évidemment le plébiscite reçu par le dernier film de Danny Boyle (réalisateur de Trainspotting, La Plage et tant d'autres), qui s'accaparent la totalité des Oscars technique (ce qui représente en gros tous les prix, saufs ceux d'interprétation).
J'en suis d'ailleurs très content, vu la qualité de Slumdog Millionaire (la kritike arrivera peut être un jour), sans doute le meilleur film de cette nouvelle année.
Kate Winslet l'emporte deux catégories d'interprétation et montre une fois de plus à ceux qui l'ignoraient encore qu'elle est une très grande actrice.
La logique est respecté et Heath Ledger, grâce à une interprétation exceptionelle du Joker, obtient son premier grand prix postume.

Pour ce qui est des séries, c'est 30 Rock de Tina Fey (ex de Saturday Night Live) qui fait un raz de marée, à l'exemple de ce dont on avait pu être témoins aux Emmys de l'année dernière.
Perso, je suis un peu deçu pour Hugh Laurie mais satisfait de la reconnaissance apporté à la très bonne série "True Blood", à travers le prix d'interprétation descerné à la très belle Anna Paquin.

Voilà, voilà, tout ce qu'il y avait à savoir sur les Golden Globes, sans pour autant avoir à se faire chier à matter la retransmission.
Je vous retrouve donc pour les Oscars, qui comme toutes les années, seront commentés en direct sur votre site favori (en admettant que LasKritikas soit votre site favori, ce qui n'est absoluement pas le cas pour la plupart d'entre vous...euh, la totalité d'entre vous?)


Ju

10 janv. 2009

Kritikos' choices for 2008

Comme tous les ans à la même période, les Kritikos se retrouve autour d'une table pour discuter de l'année ciné achevée et vous proposer leur expertise en matière de choix cinématographiques pertinents.
Si vous n'avez rien vu de l'année (vous venez subitement de retrouver la vue, vous avez enfin quitter votre île déserte natale, vous ne pensez que le cinéma ne se visite qu'en janvier, ou quelque soit votre excuse), voici les œuvres à ne pas manquer.

Ju

1. Into the wild
2. Reviens moi
3. The dark knight
4. [Rec]
5. L'orphelinat


Itoo

1. Into the wild
2. L'échange
3. The dark knight
4. Gomorra
5. No country for old men


Arno

1. Hunger
2. There will be blood
3. Into the wild
4. No country for old men
5. Le bon, la brute et le cinglé


Kp

1. Into the wild
2. The dark knight
3. Wall-e
4. Sweeney Todd
5. Mesrine (1 & 2)

Comme vous le voyez, "Into the wild" de Sean Penn est le grand vainqueur de cette édition du choix des Kritikos.
Les valeurs sûrs (Batman et autres) sont aussi présent, le tout pour un classement assez logique.

Et voilà, c'est tout pour cette année 2008.
Nous en profitant pour vous souhaiter à tous un bonne année, et vous donnez rendez vous très bientôt pour un panorama rapide de ce que 2009 nous réserve en matière de cinéma.

Los Kritikos

3 janv. 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button

Dans très exactement un mois sortira en France un des films les plus attendus des amoureux du cinéma, mettant en scène Brad Pitt dans un film de David Fincher, et ce, pour la première fois depuis le glorieux Fight Club.
Le film aujourd'hui proposé n'a rien à voir avec l'excellente adaptation du magnifique bouquin de Chuck Palahniuk mais à su faire parler de lui grâce à un plot pour le moins singulier.

Benjamin Button est le fils du propriétaire de la fabrique de boutons "Buttons' Buttons", dont la mise au monde couta la vie de sa pauvre mère.
Effrayé par l'apparence physique du nouveau né (et visiblement sous le choc de la perte de sa femme), le père Button s'enfui avec le nouveau né, pour le déposé sur les marches d'une maison de retraite, le soir de la fin de la première guerre mondiale.
Il est vrai que Benjamin n'est pas vraiment un bébé comme les autres, né avec la constitution d'un vieillard et rajeunissant chaque jour qu'il passe en vie.

Le film débute en 2005, au moment où l'ouragan Katrina frappe de plein fouet la Nouvelle Orléans, dans un hôpitâl où l'on trouve une vieille femme mourrante (qui ressemble un peu à Voldemort, au passage).
Cette dernière s'avère être la seule personne à avoir partagé la vie de Benjamin Button et à qui ce dernier a léguer le récit de son histoire, qu'elle demande à sa fille de lire sur son lit de mort (à la mère, pas à la fille, je vois que la phrase est pas très claire).

Le film commence donc sur une note un peu bizarre dans la mesure où l'utilisation d'une narratrice externe ne fait que ralentir le récit, sans réelement apporter de plus à l'histoire.
Le choix est donc discutable et je n'en suis pas vraiment fan.
Ceci étant, on passe bien plus de temps dans le passé et la vie de Benjamin Button qu'en 2005, au moment où l'histoire est lue.

La vie de Benjamin Button est constamment marquée par la relation qui le lie à Daisy, la petite fille d'une pensionnaire de la maison de retraite dans laquelle il a était élevé.
Les deux personnages (joués par Brad Pitt et Cate Blanchett), passent leurs vies à se chercher sans que l'occasion n'apparaisse jamais idéale.
Plutôt que les supporter en espérant les voir réunit, on est vite saoulé par les conneries de l'un ou l'autre et l'on en vient vite à regretter la beauté et la simplicité de la relation enfantine qui les unissait lors de leur première rencontre, bien avant la complication et le bordel de l'âge adulte.

La réalisation du film est globalement sobre bien qu'efficace, malgré quelques plans un peu surfait, particulièrement au début du film.
Quelques transitions sont un peu rapides mais rien de bien préjudiciable au film dans son ensemble.
Le film s'avère aussi beaucoup moins fantastique qu'il n'y parait ou que la campagne promotionelle autour du film voudrait nous le faire croire.
Le décalage morphologie/mentalité est cependant bien exploité et donne souvent lieu à des situations cocasses et délectables.

Contrairement à ce qu'on aurait pût attendre d'un film avec un tel plot, on ne retrouve pas de grandes performances d'acteurs, et Brad Pitt, bien souvent caché sous une tonne de maquillage est tout juste aussi bon que Cate Blanchett (ce qui est déjà excellent mais ne le place pas parmis les favoris à un prix d'interprétation pour la saison des cérémonies à venir).

Les personnages secondaires sont tous plutôt réussis, du capitaine british et toujours bourré (l'un n'allant vraisemblablement pas sans l'autre) à la femme adultère rencontrée dans le froid russe (jouée par Tilda Swinton).
Un grand travail a était porté à la musique et la bande originale de Benjamin Button est à compter parmis les toutes meilleures de l'année.

Le film, pourtant très long (pas loins de 3h, tout de même) réussit à ne jamais perdre le spectateur qui ne ressent quelques longueurs que dans les tout derniers moments du film.
Bien que la fin soit facile à deviner dès le principe du film assimilé, cette dernière apparait particulièrement triste une fois le moment venu.

"L'histoire étrange de Benjamin Button" est sans doute un des grands films de ce début d'année, mais il reste assez loin des meilleures oeuvres de David Fincher ou de Brad Pitt (alors les deux réunit, je vous en parle même pas).
Malgré toutes les qualités de ce dernier, je sors assez déçu du visionnage du film.
J'attendais de l'exceptionnel, je n'ai eu que du très bon.
Suis-je devenu difficile?

Ju

Che, 1ère partie : L'Argentin

J'ai réfléchis avant de savoir si je postais cette kritike du premier film avant d'avoir vu le second (en lieu et place d'une kritike globale comme cela put être le cas pour Mesrine).
C'est l'ignorance de la date à laquelle je serais en mesure de visionner le second volet qui m'a poussé anticiper la kritike du dernier projet de Steven Soderbergh (qui n'a pas fait que des grands films, reconnaissons-le).

La construction du film est assez originale pour dérouter le spectateur s'attendant à un exposé ou une apologie d'Ernesto Guevara et de son rôle dans le mouvement de révolution cubaine.
L'histoire fait de constants aller-retour entre la guerilla pour l'indépendance cubaine (jusqu'à la prise totale du pays et le renversement de Batista en 1959) et le voyage de Che à New York, pour y prononcer un discours au siège des Nations Unis, en 1964.

Nous suivons donc Ernesto "Che" Guevara entre 1955 (après sa première rencontre avec Fidel Castro) et 1959 et la victoire historique de Santa Clara, précipitant la fuite du dictateur Batista et la prise de la Havane et du reste du pays.
(Ce qui est en aucun cas un spoiler si vous avez déjà ouvert un livre d'histoire dans votre vie)
Au cours du déroulement de l'histoire on croisera quelques grands noms de l'histoire cubaine, à l'exemple de Camilo Cienfuegos, Fidel Castro (bien évidemment) et bien d'autres.
Il est toujours amusant de mettre un visage (même si c'est celui d'un acteur) sur les principaux acteurs d'un renversement de régime.

Sur le plan technique, le film à un côté "documentaire" très marqué, proche de l'action de la guerilla et soutenu par des dialogues essentiellement en espagnol.
Les rares passages en anglais ont lieu dans le contexte du discours du comandante aux Nations Unis, à New York.
Les tons et couleurs sont parfois assez fouillis et le cadrage assez proche, pour retranscrire au mieux l'action et la vie quotidienne de la guerilla.

Le spectateurs sera aussi vite frappé par l'étalage dans le temps des actions revolutionnaires menant à la prise du pouvoir par Fidel et ses fidèles (...).
Certains seront aussi frustrés de voir que le réalisateur décide de se cantonner aux seules actions de la troupe du docteur argentin (Ernesto "Che" Guevara, pour les connards sans aucunes notions historiques), même quand ce dernier n'est pas au front (ce qui est plus souvent le cas qu'on pourrait le penser).
Ces derniers (les connards, j'entends) auront aussi la possibilité d'apprendre tout plein d'informations utiles sur la véritable action du comandante ainsi que la signification et l'origine du surnom de "Che".
Si ça permet à certains de savoir de quoi ils parlent, ça peut pas faire de mal.

Si par ailleurs, vous vous attendez à une apologie de l'homme Ernesto, vous serez deçu et c'est plus son action en tant que guerillero qui est retrancrit à travers le film.
Ainsi, si le pouvoir de Batista est présenté sous un bien mauvais jour (normal), les révolutionnaires ne sont pas non plus présentés comme des sains, même si les exactions semblent plus commisent par les minorités dissidentes et condamnées par les leaders de troupes.
Chacun pourra donc se faire sa propre opinion sur un période faste de l'histoire mondiale, à un époque pas si éloignée de la notre.

Je ne peux finir la kritike sans vous dire deux mots sur la performance d'acteur de Benicio Del Toro, dans le rôle titre.
Comme on pouvait s'y attendre, le personnage de Che dégage une aura particulière succitant respect et admiration, tout en apportant quelques nuances d'humanité évitant la mythification prématurée.
La prestation de Benicio Del Toro aide grandement à l'impression globale et perplexe dégagé par ce "Che" et son prix d'interprétation masculine obtenu au dernier festival de Cannes n'apparait à aucun moment galvaudé.

Le film s'est rapidement révellé à la hauteur de mes attentes et espoirs et devrait intrigué, si ce n'est satisfaire tous les amateurs d'histoire.
J'attendais désormais avec impatience le second volet, prévu pour la fin du mois de Janvier.


Ju

Les Noces Rebelles

Léo est Kate sont sur un (gros) bateau, tous deux tombent à l'eau, qui reste-il?
Et bien pas grand monde, parce que le bateau en question, c'est le Titanic et que si tous les riches ont pas réussis à s'en sortir, je vous parle même pas des pauvres.
Enfin, il reste Kate, tout de même, qui a la chance de se retrouver sur un radeau de fortune, pendant que son Léo se gèle littéralement les couilles par galanterie, histoire qu'elle puisse raconter son histoire au début du plus grand succès de toute l'histoire du cinéma...
Tout ça pour dire que Léo et Kate sont de retour, dix ans après leur histoire de bateau et de galipettes sur le siège arrière d'une vieille Ford, qu'il sont désormais mariés et vivent dans une banlieue toute paisible, au bord de Revolutionary Road.

Le titre original prend beaucoup plus de sens que son adaptation (parce qu'on parle pas de traduction là) mystérieuse (ou débile, c'est selon) des promotteurs frenchies.
La Revolutionary Road est une petite route sympa dans le Connecticut, où les résidences propres aux middle class américaines se sont rapidement développées au cours des années 50.
April et Frank Wheeler sont un jeune couple tout récemment marié, qui décide de s'y installé, après que la carrière d'actrice de la première ai pris un tournant un peu dramatique.
Alors qu'il souhaitaient fuir la ville pour se retrouver dans le calme de cette banlieue, leur nouvelle maison ne sera que le théatre de leur éloignement progressif, tant au plan physique qu'affectif.
L'envie de fuir reprend alors April pendant que Frank s'ennuie quotidiennement dans un travail peu gratifiant.

Cette histoire de couple se perdant dans sa propre vie à un côté vite dérangeant, exacerbé par le réalisme du scénario et une impression de non-script assez impressionnant.
On se rend vite compte que les deux époux sont à plaindre, même si April semble bien plus malheureuse que Frank au premier abord.
Pour permettre à un tel film de prendre vie sans susciter l'ennui, il faut deux acteurs d'exception, à la complicité/intimité évidente.
Léonardo Di Caprio est prenant dans un rôle où on n'a pas l'habitude de le voir, celui d'un homme tout ce qu'il y a de plus banal, sans réel force ni sens du courage, bien au contraire.
Ce choix difficile s'avère payant et lui permet de fournir une des plus intéressante performance des dernières années de sa carrière.
Si Di Caprio surprend, Kate Winslet ravi et se pose encore une fois comme une des toutes meilleures actrices américaines du moment.
Ce qui impressionne le plus est la qualité et la pertinence de ses choix de rôles et j'ai hâte de la retrouver dans "the reader", à arriver dans les prochains mois.

Les personnages sont d'ailleurs tous plus humains qu'attachants avec leurs nombreux défauts qui ressortent et certains personnages sont mêmes carrément détestables (mention particulière à la vieille comère mettant la maison sur le marché immobilier).

Le seul second rôle intéressant du film est une surprise et revient à Michael Shannon, dans le rôle du malade mental John, qui est la seule personne à exprimer la réalité des faits (de façon assez brut parfois), quand les autres se complaisent dans le politiquement correct.
Le film donne d'ailleurs une image assez dure des middle class américaines dans les années 50, où cimagrés et commérages était monnaie courante.

Quelques scènes sont un peu difficiles (surtout sur la fin du film) et s'encrent dans la mémoire du spectateur, le confortant dans l'idée que le film à quelque chose de spécial.
A côté de celà, certaines scènes touchent à l'exceptionnel, comme celle de fin, où le crescendo sonore en dit beaucoup plus qu'il n'y parait.
La critique américaine a d'ailleurs beaucoup aimé le film et le place parmis les favoris dans la courses des nominations aux Oscars, à venir dans les tout prochains jours.

Après un "Sentiers de la perdition" inégale et un "Jarhead" juste inutile, Sam Mendes retrouve la qualité de réalisation qui l'avait révellé pour le magnifique "American Beauty" (même si le modèle dépasse la nouvelle monture).
J'ai étais très agréablement surpris par le film et vous propose à tous de le découvrir lors de sa sortie en salle, à la fin du mois.


Ju