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Salut à toi internaute, félicitations pour avoir trouver Las Kritikas dans ce bordel immense qu'est le net. Nous sommes heureux de te proposer notre avis (subjectif, il va s'en dire) sur le cinéma, les films et la façon dont nous les voyons (assis, dans la plupart des cas).

Régulièrement, nous agrémenterons ce site de critiques de films, séries et animes, qu'ils soient récents ou non (ceux qui nous ont marqué, dans ce cas là). Vous pourrez retrouvez notre avis sur les films qu'il nous est donné de voir , que ce soit des classiques du 7ème art (pour n'en citer qu'un, disons "Le Parrain"), des films basiques (la plupart des sorties) ou bien des grosses daubes (tu sais, ces films qui donnent envie de faire un scrabble, ou pire...).

Nous n'avons nullement l'intention de concurrencer les professionnels du métier, fines plumes des ciné live et autres studio magazine (quoi que...) mais simplement de donner notre avis sur les films que nous avons eu l'occasion de voir, ceux qui nous ont fait rire, ceux qui nous ont fait pleurer, et même ceux dont personne ne se rappelle deux semaines après la sortie (plus nombreux qu'on peut le penser, d'ailleurs...).Le tout, pour vous aider à faire votre choix dans la marée (ou la chiée, pour les plus cavaliers) de films qui nous sont proposés et vous permettre d'avoir toutes les informations en main pour tenter d'apporter une réponse à cette question qui se pose plusieurs fois par semaine (et donc presque existentielle) "Qu'est ce qu'on se matte ce soir ? ".

Pour vous permettre de mieux nous connaitre et permettre d'affiner vos choix selon les affinités que vous pourriez avoir avec l'un ou l'autre de nos kritikos, vous pourrez vous reporter au Kritikos' choices (rubrique honteusement piquée au magazine Joystick...) qui seront régulièrement mis à jour.


Les Kritikos ne s'intéressent pas qu'au 7ème art et vous propose un site annexe (Las Kronikas) où vous pourrez trouver des articles sur la musique et les oeuvres littéraires (le terme semble savant mais ça veut surtout dire "BDs" et "Mangas") qui nous font vibrer et que nous souhaitons partager avec vous.
Ce second site est organisé de la même façon que Las Kritikas et vous ne devriez pas vous perdre en consultant les critiques d'albums, de livres, ou les compte rendus de concerts postés.

Voilà, maintenant que les présentations sont faites, je n'ai qu'à vous souhaiter un bon surf et j'espère que les informations que nous vous apporterons vous seront utiles.

Vos humbles serviteurs, les Kritikos

8 mai 2009

Still Walking

Détrompez-vous Las Kritikas n’est pas mort, le site est juste en veille pour cause de planning familial chargé. En tout cas pour les irréductibles qui continuent à tourner sur le site dans l’attente d’une critique votre patience a payé, bravo !

CHut! les lumières s'éteignent, le film débute... deux femmes discutent en préparant le repas, un vieux médecin bougon les ignorent et sort de la maison, il traverse la ville (Yokohama) et le générique le suit.
Pour ce qui est du décor ce sera tout, toute l'intrigue tournera autour de cette ville entre la maison, le cimetière et la plage. La maison que j'évoquais c'est la maison familiale où l'ensemble de la famille va se retrouver (comme chaque année depuis 15 ans) pour commémorer la mort du fils ainé, décédé en tentant de sauver un garçon de la noyade.

Le titre « Still Walking », qu’on peut traduire sommairement par ‘continue à marcher’, est assez paradoxal : la vie doit continuer mais pourtant la famille chancelle.
Bien évidemment il y a le bonheur communicatif des enfants qui s'amuse dans le jardin des grands parents et l'humour; mais c'est pour mieux cacher les secrets, les ressentiments, les non-dits familiaux et la difficulté du deuil. S'il y a un personnage qui vit mal ce deuil c'est bien la grand mère, elle dit à quel point c'est difficile d'avoir à enterrer son fils. Pour supporter cette mort, chaque année elle se plie à un rituel sordide qui consiste à faire revenir le garçon sauvé de la noyade pour qu'il prie devant l'autel érigé au fils défunt, il est tout gros, tout mal à l'aise, tout maladroit, mais elle s'en délecte, "c'est tellement plus facile quand on a quelqu'un à haïr" dit-elle. La cruauté comme rempart au deuil: une pépite d'humour noir.
En fait ce film est une chronique de vie avec la mort, plutôt que de vie après la mort. On retrouve cette idée dans la scène où le papi et son fils retournent sur la plage le lendemain de la commémoration, on y voit cette mer où Kenji s’est noyé, où tout a basculé, souligné par la métaphore du bateau échoué sur la plage, symbole du naufrage familiale qu’a entrainé la mer en emportant leur fils. Le fait que ce soit le lendemain du jour de la commémoration nous montre aussi à quel point le spectre du fils est ancré dans la famille, ce n’est pas l’affaire d’un seul jour, c’est un souvenir perpétuel.

Passé l'aspect funeste du propos si l'on y regarde bien on retrouve un peu de ce qui fait une famille normale, cette mascarade nous touche intimement parce qu'elle nous ramène à nos propres secrets et "non-dits" familiaux, et ce avec subtilité et lyrisme.

La disparition semble être un thème cher à Hirokazu Kore-Eda qui l’évoquait déjà dans son précédent film « Nobody Knows » à travers le point de vue d’enfants abandonnés par leur mère, contraints à vivre par leurs propres moyens (film dont j'ai absolument aucun souvenir). Coté réalisation Hirokazu a apporté un soin tout particulier à la lumière qui, il faut le dire, est sublime, et la mise en scène est impressionnante tellement elle est fluide et subtile. On notera aussi la qualité de dialoguiste de Kore-Eda qui nous livre des échanges débordant de réalisme et d'humour.

Foncez voir ce film c'est un bijou.

Arno

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