Whatever Works
Woody Allen c’est un peu comme un oncle éloigné qui habite loin de Grenoble mais qui s’arrange pour venir nous voir au moins une fois par an, avec toujours 36000 choses à nous raconter.
Pour fêter son retour à New-York, Woody renouvelle complètement l'équipe, fini Scarlet place à Evan Rachel Wood, et dans le rôle principal : Larry David (drôlissime d'ailleurs).
Le film est donc centré sur un vieux génie, boiteux, le plus cynique personnage qui puisse exister, mais aussi le plus misanthrope : Boris Yellnikoff, naturellement alter-égo de Woody Allen.
Ce génie a failli avoir le prix Nobel de Physique, « failli » car en fait sa vie est une suite d’échec (le prix Nobel, son mariage, ses suicides). Tous ses échecs l’ont rendu complètement cynique et extrêmement lucide sur la vie et sur la condition humaine. Il est tellement lucide qu'il se sait observer par les spectateurs du cinéma (nous) et il s'autorise des regards caméra en nous prenant à parti, c'est vraiment drôle et ça donne bien la dimension du personnage. C'est marrant aussi de voir comment à quasiment 74 ans, ce vieux bougre de Woody Allen se délecte de transgresser les règles.
Un beau jour Boris rencontre la très jeune Melody (un clin d’œil à la Melody Nelson de Serge Gainsbourg? l’écart d’âge entre les deux peut y faire penser) au pied de sa porte qu’il accueille un peu à contre cœur, cette jeune fille s’avère un tantinet idiote, je vous laisse vous faire une idée du personnage à travers cette citation :"Boris est un génie, il a failli obtenir le prix Nobel, quelle catégorie déjà? meilleur film?".
Naturellement cette belle jeune fille du Sud ne comprend pas le 2nd degré de Boris, ce qui donne lieu à des situations plutôt cocasses.
Boris va plus ou moins jouer le rôle de mentor pour Melody, lui apprenant la vie et lui transmettant un peu de son regard acerbe sur les gens, puis vont s'en suivre des péripéties que je ne vous raconte pas (arrivée des parents mémorable, etc...).
Si l'on devait dresser les différents thèmes abordés dans le film, on peut commencer par la petite claque que met Woody Allen à l'Amérique puritaine et leur intolérance sexuelle, utilisant jusqu’à la relation polygame comme ressort comique.
Plutôt que la doctrine biblique, Woody Allen y préfère la théorie du « Whatever works », peu importe la chose tant que ça marche et que vous êtes en accord avec vous-même, le reste tient du hasard (le thème du hasard qu'on pouvait voir dans Match Point avec la balle qui peut tomber d'un côté comme de l'autre).
Woody Allen évoque aussi le côté éphémère et la complexité du sentiment amoureux, Boris le dit à sa femme : « Sur le papier on était fait pour être ensemble, seulement la vie ce n'est pas sur le papier ».
On retrouve aussi, comme dans bien des films, le cinéma comme apaiseur de moeurs, Boris a des crises de paniques pendant la nuit, la seul chose qui arrive à l'apaiser? je vous le donne en mille : un film ! (si ca c'est pas un alter-égo de Woody)
Woody évite les écueils d’un mauvais « feel good movie » grâce au cynisme du personnage principal, et grâce à la magie des dialogues et des seconds rôles, c'est incroyablement bien écrit. Le clin d’œil aux « feel good movie » tient simplement au final.
Comme la plupart des films que je décide de critiquer, je vous conseille ce dernier cru de l'indomptable Woody Allen.



2 commentaires:
Très belle kritike, monsieur mon frère.
Maintenant, tu te lèves?
On a plein de trucs à faire aujourd'hui...ou pas.
Ju
Vu hier au ciné et...... On s'est bien marré.
Un très bon Woody Allen encore une fois.
Vivement le prochain
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