La sortie d'un nouveau Tarantino est toujours un petit événement en tant que tel.
Si la qualité est (selon moi) toujours au rendez vous, chaque film se démarque du précédent et personne ne peux sérieusement soutenir que toutes les oeuvres de Quentin Tarantino se ressemblent.
Si dialogues au poil et violence esthétique reviennent généralement, il s'agit plus de qualités que de caractéristiques propres.
Comme beaucoup de personne, c'est grâce à Pulp Fiction que j'ai découvert le cinéaste (c'est après seulement que je me suis penché sur "Reservoir Dogs" et ses travaux plus anciens), il y a de ça tout juste quinze ans.
Depuis, chaque nouveau film de QT (je favorise la rapidité à l'évitement du ridicule) me laisse pantois.
D'un côté, je reconnais la valeur cinématographique de l'oeuvre, j'ai passé un bon moment.
De l'autre, je ne reconnais pas vraiment le côté exceptionnel qu'attendais et que je voulais retrouver.
Dans la plupart des cas, cela vient avec le temps et le revisionnage.
Le cas d'Inglorious Basterds est différent.
Je me suis délecter de chaque minute du film et suis sortie de la projection avec la banane, conscient d'avoir assister à quelque chose d'exceptionnel.
Si maintenant, le film passe l'épreuve du temps et la multitude des visionnages qui l'attendent, plus rien ne m'empêchera de dire que nous avons à faire à un classique.
Commençons par l'histoire et le contexte historique.
Tarantino nous propose une réécriture de l'histoire mondiale, une face b de la seconde guerre, ou plus simplement une galerie de personnages qui auraient put changer le cours des événements enseignés à travers le monde.
Surnommés les "basterds" par les forces allemandes ennemies, il s'agit d'un petit groupe de soldats juifs américains bien décidés à rendre la monnaie du mark nazi.
Ni torture, ni prisonniers, les basterds se contentent de traquer, tuer et scalper les troupes teutonnes qui ont la malchance de croiser leur chemin.
Mener par le lieutenant Aldo Raine, les basterds se comptent au nombre de 8, tous plus barrés les uns que les autres.
Du traitre Hugo Stiglitz à l'ours juif en passant par "le petit homme", vous apprendrez à tous les connaître, à tous les apprécier malgré leur sadisme évident.
En ce qui concerne l'interprétation, c'est du côté des "méchants" nazis que l'on trouve l'individualité qui ressort du film, en la personne de Christoph Waltz, dont le travail dans la rôle du colonel SS Hans Landa a était reconnue et récompensée du prix d'interprétation masculine, au dernier festival de Cannes.
D'un cynisme et d'une prestance impressionnante, le colonel apparaît bien plus effrayant que l'ensemble des basterds.
Si ce n'était pas le principal attrait de ses précédents, sachez qu'Inglorious Basterds est un film extrêmement drôle.
Ceci est une vraie force et permet au spectateur de décompresser après quelques passages un peu violent.
La violence du film n'est d'ailleurs ni omniprésente, ni vraiment gratuite mais peut être qualifiée de "graphique".
Aucun contact ou angle de vue n'est ignoré et les effets sonores ont une importance capitale pour retranscrire la violence de ce qui se passe à l'écran.
Inglorious Basterds semble satisfaire nos instincts les plus bas (claquer du nazis=cool) mais ne peux pas vraiment être taxé de nationalisme pour peu qu'on prenne le film au second degré, ce qui est constamment suggéré par des personnages vraiment décalés et exagérés.
Le film ne s'inscrit nullement comme une alternative idéale et fictive aux événements de la seconde guerre mondiale, ni réellement comme une réécriture "conte de fée" d'une période historique trop discutée, trop reconstituée (films et autres médias) et offre une alternative loufoque à la hauteur des personnages.
Dans le rôle du créateur, Quentin Tarantino a toujours su créer des personnages haut en couleurs et absolument uniques.
Utilisés comme base à l'ensemble des récits et histoires contées par le réalisateur, les personnages résument encore une fois le film dans son ensemble.
Dans le cas d'Inglorious Basterds, l'histoire découle finalement d'une possibilité "ET SI ces personnages avaient existé", ce qui offre une vraie escapade au spectateur, en marge de l'histoire pure.
Je ne pourrais finir la kritike d'un film de Tarantino sans vous parler de la bande originale, véritable chef d'oeuvre dans la lignée de ce qu'on a l'habitude d'obtenir de la part du réalisateur.
En phase avec la période historique traitée dans le film, la bande son alterne les thèmes épiques et les "chansons d'époque", en français comme en allemand (c'est d'ailleurs la même chanson).
Encore un très bon album à posséder.
Pour finir, sachez que vous n'avez aucune excuse si vous décidez d'aller voir le film en VF dans la mesure où la version originale développe l'excellente idée de proposer une alternance entre le français (majoritaire dans le film), l'anglais, l'allemand et même l'italien (dans une fameuse séquence).
Si l'idée parait un peu bordélique ou la démarche forcée, la réalisation s'avère judicieuse et apporte un grand plus au niveau du réalisme et de l'immersion dans l'histoire.
Voilà, je vous laisse découvrir de très nombreux éléments non effleurés par la kritike et vous incite à tous aller voir ce que je considère comme le film de QT m'ayant fait la plus grosse première impression depuis Pulp Fiction.
Ju
1 commentaire:
Bravo QT et sa brochette de personnages tous aussi déjantés les uns que les autres pour notre plus grand plaisir !
Brad Pitt aurait accepté ce rôle car il avait envie de se marrer et bien tant mieux car on en profite un max.
A voir absolument (si vous n'êtes pas réfractaires à QT évidemment)
La Mum Evelyne
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