Clones
sortie le 28 octobre
Quelqu'un, qui ne distingue pas les couleurs mais qui est très futé quand même, m'a dit qu'il fallait toujours écrire une kritike à chaud pour qu'elle ait toute sa valeur. Il me faut donc la composer au boulot puisque, pendant que certains continuent à ne rien foutre (sauf que là ils sont en vacances), d'autres bossent.
Prenez donc un mixeur vieux de 15 ans, qui s'essouffle à chaque utilisation. Balancer I.Robot et the Island dans un premier temps. Mixer 3 secondes pour laisser des grumeaux apparents. Rajouter le concept de Die Hard, que dis-je, DES Die Hard, quelques répliques de Minority Report et mixer de nouveau. Quand votre mixeur est mort, rajouter une scène de Terminator (le 3 de préférence), en guise de cerise sur le... cake. Et voilà, vous avez l'odeur, le goût et l'allure de Clones
Pour la petite histoire : la société VSI développe des machines dont le but premier était de permettre aux personnes handicapés moteurs de vivre comme les autres en pilotant mentalement une sorte de clone à l'apparence terriblement humaine. Mais en 14 ans, le progrès oblige, tous les humaines troquent leur vieux sac à viande contre un vigoureux tas de ferraille par lequel ils font leur courses, vont travailler, s'engagent dans l'armée, font les choses que Papa et Maman font dans leur chambre, etc. Le taux de crimes chute, les maladies appartiennent au passé, les accidents aussi. Sécurité est le mot d'ordre. Seuls quelques réfractaires vivent reclus dans des zones réservées où ils refusent ce progrès : ce sont les biologiques...
Malheureusement, une nouvelle arme vient à détruire, en plus du clone, l'opérateur qui le dirige à distance (c'est son cerveau qui bouillit...). L'agent Greer va donc se battre seul contre tous pour, y voir clair !
L'idée est à exploitée. Pourquoi ? Bien sûr qu'il reste les milliers de petites interrogations comme "comment les vrais humains ne sont-ils pas recouverts d'escarres ?", "comment ils ont des bébés si ils se voient que pour du faux ?"... (L'interrogation "comment vont-ils aux toilettes ?" se règle d'elle-même au cours du film... c'est passionnant.) Néanmoins, le concept est dangereusement plausible. La soif de sécurité, de perfection physique, le choix de ce que l'on est, tout cela nous touche tous et chacun ! Les progrès scientifiques vont bon train aujourd'hui et les deux premières minutes du film donne un aspect scientifique très crédible au concept des clones. Socialement plausible, scientifiquement plausible, la situation présentée est terriblement envisageable !
C'est là que cela devient intéressant : quel opérateur se cache derrière la belle blonde ultra sexy ? (oui, quand ça devient trop sexy ça cache quelque chose...) Dans quel état sont les biologiques faisant usage d'un clone ? Qu'est-ce que je choisirais moi ? C'est gravement interpellant finalement. Le petit souci c'est que... ce n'est pas le thème du film. Loin de la psychologie, on est dans la bonne vieille action alors pas le temps de penser, on fonce. Et nous, on reste un peu sur notre faim. En même temps, le film peut se vanter de ne pas faire de prise de parti trop franche. On comprend l'un, on comprend l'autre, les avis se défendent pas mal. Rien que dans le couple Greer, c'est pas franchement évident. Le mari veut toucher sa vraie femme qui veut pas toucher son vrai mari... bref, plus personne sait vraiment où il en est. Mais en même temps, on n’a pas attendu les clones pour avoir des problèmes de couple !
Finalement, selon l'attente qu'on a du film, on est content ou on l'est pas (pas mouillée). Ca soulève des demi-questions, ça n'y répond pas. Ca bouge pas mal mais le sang est vert. C'est une idée exclusive, et c'est plagié de partout. Le bon côté c'est que, le Saint Bois oblige, le visuel est sympa. Les maquilleurs se sont régalés sur les transitions clones/opérateurs ! Les nénettes sont toutes canons comme dans leurs rêves (et ceux des gars), sauf que c'est pas toutes des nanas pour de bon...
Bref, c'est un film qui passe en revue nombre de changements potentiels engrangés par une telle révolution sociale mais qui ne s'y attarde pas vraiment. Moi j'ai aimé. J'ai passé un chouette moment sans réfléchir, puis il m'a pris d'y repenser un peu en sortant pour me dire "ah, c’aurait pu être plus intéressant ! Mais c'était fun, l'idée, les gens, les fauteuils rouges, j'adore ! (?!)





