Thirst : ceci est mon sang
Je veux bien que les frères marteaux nous ne postions plus beaucoup de kritikes ces temps-ci mais on fait au moins illusion en tenant à jour nos rubriques de page d'accueil, alors que y'en a d'autres qui ont aucun scrupules, et je dis bien AUCUN scrupules, à mettre Che en "film le plus attendu" et Slumdog Millionaire en "film du moment"...voila voila, mais je ne donnerai pas de noms je suis pas là pour ça...--------------->
« Thirst : ceci est mon sang», oui pardonnez le sous titre un peu pompeux mais un « Thirst » existait déjà, bref « Thirst » le nouveau film du réalisateur du multi-primé « Old Boy » est une étrangeté en soi. Le synopsis audacieux d'un prêtre qui en inoculant un vaccin expérimental pour un virus mortel, meurt et ressuscite en un vampire assoiffé de sang et de sexe, donne bien l'idée de la liberté dont Mr Chan-Wook dispose pour réaliser ses films. Il faut le reconnaître le peech est assez osé, nous verrons que la réalisation et le format le sont tout autant.
Parlons du format tout d'abord, le film fait 2h13min et se divise en deux parties, la première retrace la métamorphose de notre jeune prêtre en créature de la nuit avec tout ce qui peut en découler (besoin de sang pour survivre, une irrévérencieuse envie de sexe, ne supporte pas le soleil...), ici l'intérêt, vous l'aurez compris, c'est de savoir comment notre prêtre va concilier ses principes religieux et ses pulsions (ses besoins même). Le tout est très ironique et étonnant, car sur ces obligations va se greffer une histoire d'amour et une relation assez destructrice avec le frère de la donzelle. Le problème c'est qu'à la fin de la première partie on sent que le temps commence à être un peu long, heureusement la seconde partie va donner un regain d'intérêt.
La seconde partie n'a rien à voir, ici la retenue et le remord laisse place à l'anthropomorphisme et un déluge de violence, de sadisme et d'hémoglobine sur un registre complètement cynique, exemple : saviez vous que pour pouvoir profiter pleinement du sang d'un humain mort (étant donné que son cœur ne bat plus et que le sang n'afflue pas quand vous le mordez), il faut lui couper les chevilles et le suspendre dans la douche pour que tout le sang puisse se déverser grâce à la gravité?
Si la première partie laisse la part belle à Song Hang-Ho (le prêtre), la deuxième laisse explosé toute l'excentricité et le talent de la très belle actrice Kim Ok-Bin.
Concernant la réalisation, pour ceux qui ont vu « Old Boy » vous aurez compris que Park Chan-Wook n'est pas du genre à s'effacer derrière la caméra, et c'est encore plus vrai dans ce film, il déborde d'idées toutes les plus farfelus les unes que les autres.
Le point fort c'est que ça donne parfois des plans sublimes, le point faible c'est que c'est seulement « parfois », ajouter à cela une tendance à étouffer complètement le récit avec une surenchère d'effets. La séquence final est pour cela un parfait exemple, il nous donne un sublime plan d'un soleil levant rouge sang et puis il étire complètement sa scène dans toutes les directions avec des plans et des effets dispensables. C'est dommage. Parce que a côté de ça le romantisme et la beauté de certaines scènes sont à pleurer.
En résumé le film est très drôle et beau, mais un peu trop surfait avec des longueurs sur la fin de la première partie. Si vous voulez découvrir ce réalisateur je vous conseille avant tout « Old Boy » plus réussi, mais ce film n'en reste pas moins un bon film.
Arno



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